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Accueil du site > La recherche > Archives des projets > SYSAV : Systèmes de savoirs et d’apprentissage

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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SYSAV : Systèmes de savoirs et d’apprentissage

B. Martinelli - CEMAf-Aix / ANR « Apprentissages, connaissances et société » sur 4 ans (2006-2010)

Dans l’actualité des interrogations sur les identités culturelles, l’objectif de l’équipe de recherche SYSAV est d’étudier les processus de production, circulation, appropriation et patrimonialisation des savoirs professionnels, techniques et scientifiques, dans les pays en développement d’Afrique sub-saharienne contemporaine. Dans la situation de crise avancée que traversent ces pays par les effets conjugués de gouvernances déficientes, de l’échec ou de l’abandon des modèles de transferts technologiques et d’une mondialisation subie avec de très forts impacts dérégulateurs sur la production sans relance par des délocalisations, ce programme concerne les processus de production de savoir et d’apprentissage en divers milieux et réseaux d’entreprises. Il concerne les dynamiques d’entreprises fondées sur les migrations, échanges et coproductions de savoir-faire conjuguant les multiplicités d’origines (Europe, Asie et Afrique) et de localisations (entre espaces africains). Cette problématique qui vise à renouveler la compréhension des processus de savoirs stratégiques est centrée sur la question des apprentissages définis de manière plurale comme cadre de transmission, de spécialisation, d’inscription éthique, de pouvoir, de redéfinition des métiers et d’invention ou de pénétration des nouveaux modèles de gestion etc. qu’elle appréhende en conjuguant plusieurs recherches en anthropologie et dans les disciplines connexes : l’histoire, la sociologie, l’économie et l’ergonomie. En visant une compréhension synthétique des processus, ce programme vise à développer les complémentarités par des problématiques qui renouvellent et coordonnent l’anthropologie des savoirs, des techniques, des identités professionnelles et des entreprises sur le terrain d’exemplarités appréhendées dans plusieurs pays africains : Burkina Faso, Sénégal, Centrafrique, Mozambique, Guinée Bissau, Côte d’Ivoire et Togo.

La circulation des savoirs, notamment scientifiques, technologiques et professionnels, est perçue comme une des conditions déterminantes pour le développement et l’amélioration des conditions de vie dans les pays en développement. A la différence de la plupart des travaux antérieurs, l’option principale de ce programme est la réflexion synthétique sur les dynamiques de savoirs en fédérant les études jusqu’ici segmentées : processus de transmission et de patrimonialisation techniques, formes de circulation, migration et construction de savoirs localisés, régulation et dérégulation des savoir-faire en relation avec les pouvoirs locaux, genèse de nouveaux espaces publics de savoir, savoirs gestionnaires et économiques d’entreprises privées ou de service public. Pour chacun de ces pôles du programme de recherche, l’apprentissage et la transmission des savoirs sont les points-clés des dynamiques d’adaptation et d’intervention. Pour la compréhension multidimensionnelle de l’apprentissage, l’étude multipliera les focales selon les protocoles de recherche de disciplines porteuses de problématiques stratégiques, mais jusqu’ici disjointes. Les champs disciplinaires mobilisés autour de cette problématique sont principalement :
- l’anthropologie des techniques et des systèmes d’apprentissage (Martinelli),
- l’anthropologie et l’économie des productions localisées (Maïzi & Muchnik),
- l’anthropologie des savoirs scientifiques (biomédecine) (Baïnilago),
- l’anthropologie des entreprises (Gallenga & Bessa-Ribeiro),
- l’anthropotechnologie (Geslin) associée à l’ergonomie (Meckassoua)
- l’histoire des formations professionnelles (Dubois).

Les choix méthodologiques de ce programme relèvent d’une forme de comparatisme conçue pour articuler les cas étudiés en nourrissant l’analyse par la synergie d’approches descriptives et d’approches théoriques afin de dégager certaines tendances lourdes des mutations et certaines alternatives. Les méthodes de l’ethnographie seront privilégiées pour l’étude directe des situations d’apprentissages et de production avec le souci constant de partir des pratiques, savoirs, règles et énoncés des acteurs locaux, de repérer la diversité des acteurs, d’analyser les logiques de leurs actions, les contenus symboliques, cognitifs, voire politiques, de leurs décisions ou choix. En associant des chercheurs confirmés à de jeunes chercheurs avancés, localisées dans plusieurs pays d’Europe et d’Afrique, l’objectif est de contribuer aussi au renforcement des capacités d’application et de vulgarisation auprès des partenaires des pays africains au sein de leurs universités et instituts. La préoccupation de mener des analyses interdisciplinaires et comparatives passe par la nécessité de confronter les outils conceptuels, d’articuler les échelles spatio-temporelles d’analyse et d’expliciter les modèles de référence. Cet impératif épistémologique nous amène à organiser plusieurs séminaires de synthèse et de suivi du programme.

Tout en produisant et confrontant des données de terrain saisies dans un échantillon significatif de situations locales et globales, ce programme vise à produire des connaissances sur les formes critiques de circulation et de patrimonialisation des savoirs dans divers secteurs de l’économie en Afrique tout en prenant en compte les effets provoqués par la diffusion du capitalisme et du système de marché. Partant de l’hypothèse que le savoir n’est exploitable que par sa circulation, les résultats attendus de cette recherche concernent la connaissance des nouvelles formes et dynamiques de construction, d’appropriation, de transmission et d’accumulation de connaissances stratégiques dans la production. Il est prévu de valoriser les résultats à travers l’organisation de séminaires d’enseignement et de recherche, un colloque international et, bien entendu, des publications communes.