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Accueil du site > La recherche > Archives des projets > AFRICAUSES : Causes africaines. Mobilisations, courtage international et luttes sur les formes légitimes du gouvernement de l’Afrique

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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AFRICAUSES : Causes africaines. Mobilisations, courtage international et luttes sur les formes légitimes du gouvernement de l’Afrique

ANR sur 3 ans (2007-2009)

le CEMAf (R. Banegas) est partenaire secondaire de ce projet dont le coordinateur principal est l’ISP - Institut des Sciences sociales du Politique (UMR 8166) (J. Simeant)

Ce projet s’inscrit dans un contexte scientifique paradoxal :
- D’une part, un des grands apports de la science politique africaniste est la prise en compte des modes populaires d’action politique. Les études africanistes ont toujours insisté sur l’importance de l’extraversion des sociétés africaines (fut-ce pour nuancer les thèses exagérant cette hétéronomie). La sociologie de l’aide en Afrique souligne à juste titre le rôle des courtiers dans l’appropriation des ressources externes, et les transformations des hiérarchies sociales que génèrent ces dernières. Enfin les africanistes intègrent de façon croissante les problématiques de la sociologie des mouvements sociaux
- D’autre part, les sociologues des mouvements sociaux et les spécialistes des ONG s’intéressent de façon croissante à la transnationalisation des mouvements sociaux, et aux formes de l’action collective Pourtant l’articulation de ces différentes dimensions semble sous développée au sujet des causes Ce projet entend combler cette lacune en examinant, au travers de causes africaines, les spécificités de l’action collective, quels que soient les acteurs qui la portent, dans des espaces politiques extravertis, récemment libéralisés, et à l’extraversion complexe (du fait que se superposent en Afrique des strates historiques de domination enchevêtrées). A partir de l’étude de l’espace des mouvements sociaux et ONG de 7 États africains pensés dans leur relation à un ensemble de champs internationaux structurés par plusieurs logiques (colonialisme, poids des institutions financières internationales, politique des Etats-Unis et des anciennes puissances coloniales), on examinera les processus qui conduisent des porteurs de cause à recourir à la ressource de l’extraversion, les effets que cette dernière fait peser sur les champs militants nationaux, et enfin la structure particulière des espaces militants internationalisés relatifs à l’Afrique.
Notre propos est donc de dresser une sociologie incarnée de la défense des causes africaines, qui traite de la consolidation d’un espace de l’entre-deux international relatif à l’Afrique, des hiérarchies en son sein, et sur les terrains de ces diverses luttes. On mènera une enquête envisageant à la fois les mobilisations africaines s’inscrivant d’une façon ou d’une autre dans l’altermondialisme, qu’une série de causes spécifiques (droits de l’homme, humanitaire, lutte contre le Sida, thématique des réparations...) qui ont toutes la caractéristique de s’inscrire dans des mobilisations à vocation universelle, et par ailleurs de s’inscrire dans un espace international d’expertise. Cette enquête se déploiera dans 7 Etats (Cameroun, Kenya, Mali, Afrique du Sud, Burkina Faso, Soudan, RDC) dont les espaces militants et l’histoire marquent des degrés variés d’extraversion. Une enquête collective sera menée au prochain Forum Social Mondial de Nairobi en janvier 2007 afin de comprendre l’insertion du FSA dans le FSM, et le parrainage de causes africaines au sein de l’altermondialisme international. Un travail spécifique sera mené sur les trajectoires militantes et les grammaires de l’altermondialisme africain. Par recherche ethnographique et basée sur des entretiens, on étudiera les usages locaux et le courtage international des causes à vocation universelle. Un travail prosopographique (biographies collectives) sera mené, grâce à un recours massif aux entretiens (n>=400) et au travail sur autres sources biographiques quand ces dernières sont disponibles, permettant l’étude des carrières militantes, expertes, et professionnelles de ceux qui les promeuvent ces causes.
Cette enquête sera l’occasion d’un décloisonnement à plusieurs titres : entre le national et l’international, entre l’étude des mouvements sociaux et des ONG, entre des causes trop souvent étudiées de façon monographique. Elle se situe à l’intersection d’une sociologie politique des mobilisations, des relations internationales et de l’africanisme ; à la frontière de la sociologie de la protestation, des groupes d’intérêt et de la sociologie de l’accès à l’Etat en Afrique. Elle entend contribuer à une inscription des études africanistes dans la science politique et la sociologie, et répondre à une certaine routinisation, voire un essoufflement, de la sociologie des mobilisations. Elle fournira l’occasion de tester sur un autre continent, à l’ancrage international complexe, les hypothèses fortes avancées par Y. Dezalay et B. Garth dans leur ouvrage. Elle aboutira à la plus grande enquête par biographies collectives jamais réalisées sur le continent africain, à une ethnographie du FSM, et plus généralement, à dresser une cartographie des espaces contestataires nationaux et de la défense des causes afin de comprendre le degré inégal d’extraversion de ces espaces et des acteurs en leur sein.