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Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Femmes, genre et mobilisations collectives en Afrique

Séminaire organisé par Emmanuelle Bouilly, Marie Brossier et Ophélie RILLON

Les séances mensuelles se tiendront alternativement au CRPS-CESSP (14 rue Cujas, 75005 Paris, Salle CRPS, escalier N, 3e étage) et CEMAf (9 rue Malher, 75004 Paris, Salle Person, 2e étage)

Séminaire annuel 2012-2013 organisé avec l’appui du CRPS-CESSP, du CEMAf et du Collège des Ecoles Doctorales de l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Présentation

Depuis les années 1970, les recherches portant sur la place des femmes dans les mouvements sociaux puis sur les mouvements sociaux sexués se sont multipliées .S’agissant de l’Afrique, ces problématiques restent encore trop peu étudiées et les travaux existant demeurent confidentiels. Le séminaire « Femmes, genre et mobilisations collectives en Afrique » poursuit dès lors trois objectifs : documenter les multiples mobilisations de femmes africaines et les mouvements sociaux sexués afin d’enrichir les travaux actuels ; mener un travail épistémologique et historiographique sur l’usage du genre comme « catégorie d’analyse » dans l’étude des mobilisations collectives ; souligner la dimension heuristique d’une approche comparée qui confronte les travaux en histoire, en sociologie et en science politique. Ce séminaire entend ainsi étudier les mobilisations de femmes et saisir les dimensions genrées des mouvements mixtes – sans d’ailleurs que soit occultée l’articulation avec d’autres rapports de pouvoir (race, classe, âge etc.) et la singularité des expériences féminines contrairement à une vision parfois essentialisante de la femme africaine. Les interventions s’attacheront à analyser les conditions de possibilité et d’émergence de luttes - féministes ou non, mixtes ou non- , les disponibilités biographiques et les conditions de participation des femmes, la division du travail militant, les conséquences biographiques de l’engagement et du militantisme, les modes de militantisme et de protestation.

Programme 2012-2013

- Jeudi 18 octobre 2012 – 15 h-17 h (CEMAf)
Femmes et luttes indépendantistes
Par Mamaye IDRISS (doctorante en histoire, Paris 7, SEDET) :
La chatouille comme arme politique. Réalité ou illusion ? Le mouvement des chatouilleuses et le combat pour Mayotte française (1958-1976)

- Jeudi 8 novembre 2012 – 15 h-17 h (CEMAf)
Luttes contre l’esclavage
Par Marie Rodet ((MCF en histoire, University of London, SOAS) :
Genre et fin de l’esclavage dans la région de Kayes, Soudan français. L’affaire judiciaire Sam (1925-1926)
Discutante : Monique Chastanet (CR en histoire au CNRS, Université Paris 1, CEMAf)

- Jeudi 20 décembre 2012 – 15 h-17 h (CRPS)
Réformer le Code de la Famille
Par Feriel LALAMI (docteure en sociologie, Université de Poitiers, GRESCO) :
Actions collectives contre le Code de la famille et construction du mouvement des femmes en Algérie.
Discutant : Aïssa KADRI (Professeur de sociologie, Université Paris 8, ERASME)

- Jeudi 10 janvier 2013 – 15 h-17 h (CEMAf)
Femmes et genre dans les conflits armés
Par Rose NDENGUE (doctorante en histoire, Université Paris 7, SEDET) :
Mouvement nationaliste et rapports de genre : les mobilisations des femmes dans le mouvement nationaliste camerounais (1955-1971).

Par Arthur QUESNAY (doctorant en science politique, Université Paris 1, CESSP) :
Le rôle des femmes dans l’insurrection libyenne : une reconfiguration des rapports de genre ?
Discutante : Raphaëlle BRANCHE (MCF en histoire, Université Paris 1, CHS)

- Jeudi 7 février 2013 – 15 h-17 h (CRPS)
Mobilisations féminines en période de post-conflit
Par Andrea KAUFMANN (doctorante en anthropologie, Université de Bâle, Institute of Social Anthropology) :
Liberian women’s movements after civil war.

Par Antje DANIEL (doctorante en sociologie, Université de Bayreuth, Graduate School of African Studies) :
Women’s movements after post-elections violence in Kenya : recovering social and political spaces.

La discussion sera introduite par Jules Falquet (MCF en sociologie, Université Paris 7, CSPRP, CEDREF).

- Jeudi 7 mars 2013 - 15 h-17 h (CRPS)
Espace de la cause des femmes et frontières du militantisme
Par Sophie GRENADE (doctorante en sociologie, Université de Liège, Institut des Sciences Humaines et Sociales) :
Dépasser les mobilisations pour comprendre l’action collective : l’espace de la cause des femmes à Lubumbashi (RDC).
Par Beniamina LICO (docteure en anthropologie, post-doctorante à l’Université de Bologne) :
"Femmes du développement" à Ziguinchor : quelques représentations de l’engagement politique des professionnelles du développement dès années 80 à aujourd’hui.
Discutante : Sophie RETIF (Post-doctorante en science politique, ENS Cachan, IDHE).

- Jeudi 4 avril 2013 - 15 h-17 h (CRPS)
Résistances par le bas
Par Meriem RODARY (Docteure en sciences sociales, Université Paris 8, ERASME) : Des femmes marocaines populaires : de la socialisation à la mobilisation ?
Discutant : Omar Carlier (Professeur d’Histoire à l’Université Paris 7, CHSIM - EHESS)

- Jeudi 30 mai 2013 - 15 h-17 h (Amphithéâtre CEMAf)
Conférence de Barbara COOPER
Barbara COOPER (Professeure d’histoire, Rutgers University) :
Les vagues font des ondes : repenser l’action des femmes au Niger des années 1970 jusqu’à aujourd’hui.

Programme 2011-2012

- 17 Novembre 2011 : Résistances à la colonisation et luttes nationalistes et / ou indépendantistes
15h-17h. CEMAf (9 rue Malher, 75004 Paris)

  • Propos liminaire d’Odile Goerg (Professeure en Histoire, Université Paris 7, Sedet) « Que veut dire se mobiliser quand on est femme en Afrique ? »
  • Séverine Awenengo Dalberto (Chargée de Recherche CNRS, Paris 1, CEMAf) : « L’injonction au genre. A propos des mobilisations de femmes contre l’ordre colonial en Casamance (fin 19e siècle – années 1940) »
  • Céline Pauthier (Doctorante en Histoire, Université Paris 7, Sedet) : « Les femmes et le PDG-RDA : à l’avant-garde du mouvement nationaliste en Guinée »

Discutant : Fabrice Virgili (Directeur de Recherche CNRS, Paris 1, IRICE)

- 15 Décembre 2011 : Mouvements religieux et politiques du voile
15h-17h. CRPS (14 rue Cujas, 75005 Paris)

  • Marie Brossier (Docteure en Science Politique, CRPS, ATER à l’Université Lille 2, CERAPS) : « Représentations, pratiques et mobilisations autour du voile au Sénégal »
  • Silvia Bruzzi (Docteure en Histoire, Post-doctorante à l’Université de Bologne) : « Autorités féminines et musulmanes face à l’occupation coloniale en Erythrée et au Soudan »

Discutant : Franck Fregosi (Chargé de recherche au Centre National de Recherche Scientifique, unité PRISME, Université Robert Schuman, Strasbourg)

- 27 Janvier 2012 : Engagement et militantisme associatifs
15h-17h. CEMAf (9 rue Malher, 75004 Paris)

  • Yasmine Berriane (Docteure en Science Politique, Post‐doctorante au ZMO-BGSMCS, Berlin) : « Femmes et associations de quartier au Maroc : quelle (re)négociation des rapports de genre ? »
  • Marième Ndiaye (Doctorante en science politique, Sciences Po Bordeaux, LAM) : « L’AJS (Association des Juristes Sénégalaises) : branche féminine du barreau ou militantes de la cause des femmes ? »

Discutante : Elisabeth Marteu (Docteure en Science Politique, Sciences Po Paris)

- 9 Février 2012 : Engagement politique et partisan
15h-17h. CRPS (14 rue Cujas, 75005 Paris)

  • Pascale Barthélémy (MCF en Histoire, ENS de Lyon, LARHRA, Institut Universitaire de France) : « Engagées et/ou encartées : les femmes et les partis politiques au Sénégal lors du débat sur le droit de vote en 1945 »

Discutante : Catherine Achin (Professeure en Science Politique, Université Paris-Est Créteil UPEC, CSU & Largotec)

- 22 Mars 2012 : Répertoires et modes d’action
15h-17h. CEMAf (9 rue Malher, 75004 Paris)

  • Emmanuelle Bouilly (Doctorante en Science Politique, Paris 1, CRPS) : « Mobiliser sans protester. Actions non-protestataires, techniques d’enrôlement et répertoires de mobilisation développés par les leaders associatives au Sénégal »
  • Natacha Fillippi (Doctorante en Histoire, Université d’Oxford, African Studies Centre) : « Révoltes de prisonnières sud-africaines : Pollsmoor, 1994 »

Discutant : Nicolas Mariot (Chargé de Recherche CNRS, Université Jules Verne, CURAPP)

- 12 Avril 2012 : Carrières et trajectoires féminines
15h-17h. CRPS (14 rue Cujas, 75005 Paris)

  • Johanna Siméant (Professeure en Science Politique, Paris 1, CESSP‐CRPS, Institut Universitaire de France) : « Deux carrières féminines de leaders de la "société civile" au Mali : notes sur les formes du capital politique »
  • Margaux Herman (Doctorante en Histoire, Paris 1, CEMAf) : « Sabla Wangel, le parcours atypique d’une reine éthiopienne comme modèle du statut de la reine mère en création »

Discutant : Jean-Hervé Jézéquel (MCF en Histoire, Université Bordeaux IV, Centre des mondes modernes et Contemporains)

- Fin Avril 2012

Discussion des travaux d’étudiants en M2 de science politique et d’histoire de Paris 1

- 24 Mai 2012 : Mobilisations et politiques publiques
15h-17h. CEMAf (9 rue Malher, 75004 Paris)

  • Julie Castro (Doctorante en Santé, Populations, Politiques sociales, EHESS, IRIS) : « "Femmes libres" ou "professionnelles du sexe" ? Généalogies et ambigüités des mobilisations autour de la prostitution dans le Mali contemporain »
  • Aurélie Latourès (Docteure en Science Politique, Sciences Po Bordeaux, LAM) : « Émergence des mutilations sexuelles féminines dans le champ politique au Mali et au Kenya. Une lutte inachevée pour les droits des femmes et l’égalité »
  • Elise Demange (Docteure en Science Politique, Post-doctorante à l’INSERM-IRD, Université de la Méditerranée) : « "Be man", "Not even sugar daddies can stop her". De l’abstinence sexuelle à la réflexion sur l’identité de genre dans la politique ougandaise de prévention du VIH »

Discutante : Anne Hugon (MCF en Histoire, Université Paris 1, CEMAf)

- 26 Juin 2012 : Masculinités
15 h-17 h. CRPS (14 rue Cujas, 75005 Paris)

  • Christophe Broqua (Chercheur en Socio‐anthropologie, SOPHIAPOL-LASCO : « L’enjeu du genre au sein des mobilisations homosexuelles en Afrique de l’Ouest francophone »

Discutant : Sébastien Roux (chargé de recherches au CNRS)

Argumentaire

Depuis les années 1970, les recherches portant sur la place des femmes dans les mouvements sociaux puis sur les mouvements sociaux sexués se sont multipliées. Celles-ci se sont focalisées en grande partie sur les espaces européens et nord-américains. A la faveur des subaltern et post-colonial studies, mais aussi de l’engagement de militant-e-s féministes et de chercheur-e-s, des réflexions similaires ont été menées sur l’Amérique du Sud et l’Asie. S’agissant de l’Afrique, ces problématiques restent encore trop peu étudiées et les travaux existant demeurent confidentiels, en dépit de leur qualité et de leur intérêt scientifique.

C’est pourquoi, il nous semble utile d’organiser un séminaire annuel consacré aux « Femmes, genre et mobilisations collectives en Afrique ». Ce séminaire interdisciplinaire poursuit trois objectifs : documenter les multiples mobilisations de femmes africaines et mouvements sociaux sexués et ainsi enrichir les travaux actuels à partir d’études de cas propres au continent africain ; mener un travail épistémologique et historiographique sur l’usage du genre comme « catégorie d’analyse » dans l’étude des mobilisations collectives ; souligner la dimension heuristique d’une approche comparée qui confronte les travaux en histoire, en sociologie et en science politique.

Ce séminaire entend ainsi étudier les mobilisations de femmes et saisir les dimensions genrées des mouvements mixtes – sans d’ailleurs que soit occultée l’articulation avec d’autres rapports de pouvoir (race, classe, âge etc.) et la singularité des expériences féminines contrairement à une vision parfois essentialisante de la femme africaine. Les intervenant-e-s de ce séminaire s’attacheront dès lors à analyser les conditions de possibilité et d’émergence de luttes investies par des femmes - qu’elles soient féministes ou non, mixtes ou non- , les formes d’engagement et les disponibilités biographiques, les conditions de la participation des femmes et la division du travail militant, les conséquences biographiques de l’engagement et du militantisme, les modes de militantisme et de protestation, l’environnement sociopolitique des mobilisations.

Les réflexions entreprises à partir du continent africain recèlent un enjeu fondamental pour une sociologie de l’action collective en voie de « routinisation » : celui même de réinterroger et d’enrichir les outils conceptuels forgés à partir d’exemples occidentaux et de tester, par conséquent, le profit de cette circulation (ou « exportabilité ») en les confrontant à des logiques socio-historiques et réalités sociales différentes.

Les mobilisations de femmes en Afrique seront l’occasion de discuter de ces enjeux à partir de cinq axes :

- Penser le genre comme une ressource et une contrainte dans le processus des luttes et mobilisations : registres de légitimation/délégitimation (maternel/maternant des agendas, essentialisation de « la Femme africaine »vii, dispute sur l’endossement du caractère féminin ou féministe d’une cause etc.), manipulation et réappropriation des cadres et agendas, « dispositifs de sensibilisation », reproduction ou renversement des rapports de pouvoir dans l’exercice du leadership ou dans l’action.

- Restituer les carrières militantes et les conséquences biographiques de l’engagement : disponibilité biographiques et capitaux (social, militant etc.), mise en cohérence des identités et négociation de l’accès au militantisme (soutien ou réticence familiale et impératifs sociaux, conciliation des charges domestiques et de l’activité militante etc.), « analyse processuelle de l’engagement et du désengagement »x ; technologies du recrutement militant ; héritages et transmissions genrés ou non de la mémoire militante individuelle et collective.

- Considérer les mobilisations dans l’espace de la cause des femmes et les champs militant et politique : analyser les alliances et conflits qui s’y déploient, la fluctuation des interactions en lien avec les contextes de déploiement et les structures d’opportunités. Ici, la « dimension internationale et transnationale des causes africaines »xii mérite d’être soulignée.

- Penser les modes et les lieux non-institutionnalisés d’action collective : résistances au quotidien ou formes plus labiles et résilientes de mobilisation (répertoire d’actions non-confrontatives, festives etc.), lieux et réseaux de sociabilité féminine, et leur rôle dans l’émergence ou le repli de mouvements sociaux (exemple des self-help, mutuelles ou tontines, rôle des bridge leaders etc.). Habituellement invisibilisés car considérés comme apolitiques ou dépolitisants, il convient d’envisager le rôle de ces lieux et modes d’organisation dans les processus individuel et collectif de politisation et les cycles de mobilisation (quid du processus de passage entre formes de résistance et action protestataire, quid du rapport au politique de ces modes d’action, quid des divisions parfois stériles entre espace domestique et espace public).

- Ne pas oublier la dimension conservatrice des mobilisations : les chercheur-e-s ont parfois privilégié l’étude des actions progressistes, voire « révolutionnaires ». Pourtant, la dimension conservatrice de certaines mobilisations, qu’elle soit réelle ou instrumentalisée par leurs membres, alliés ou adversaires est tout aussi centrale. Les discours portant sur les « valeurs morales », la « place de la femme », ou la définition des masculinités et des féminités informent sur les transformations sociales et politiques en cours (débats sur l’abolition des mutilations génitales, sur les réformes des codes de la personne ou de la famille, sur les projets nationalistes etc.).

Post-scriptum :

Organisé par Emmanuelle BOUILLY (Doctorante en science politique, Paris 1, CRPS), Marie BROSSIER (Docteure en science politique, CRPS, ATER à Lille 2, CERAPS), Ophélie RILLON (Doctorante en histoire, Paris 1, CEMAf)

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