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Accueil du site > Les rencontres > 2012 > Appel à contributions colloque « Justice, sorcellerie et violence » (Afrique – Centrafrique)

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Appel à contributions colloque « Justice, sorcellerie et violence » (Afrique – Centrafrique)

Colloque du 27 au 30 novembre 2012 Lieu : Bangui (République centrafricaine)

Date limite d’envoi du résumé : avant le 30 juin 2012.

Les croyances à la sorcellerie font partie de la vie quotidienne des populations africaines mais aussi de leur système judiciaire. Dans la situation de crises et mutations sociales, politiques et culturelles que traversent certains pays (Congo, Centrafrique, Cameroun, Nigéria etc.), ces croyances se manifestent surtout à travers des accusations et des stigmatisations qui débouchent soit sur des plaintes et incriminations, soit sur des actes d’extrême violence. Les accusations de sorcellerie conduisent à des traitements inhumains allant fréquemment jusqu’à la mort des personnes désignées à la vindicte collective et sont improprement désignés comme des formes de « justice populaire ». Les accusations peuvent être portées devant les institutions légales car dans le système judiciaire de ces pays, la « pratique de sorcellerie », associée à « la magie » ou au "charlatanisme", est définie et sanctionnée en tant que délit ou crime : articles 251 du Code Pénal du Cameroun, 210 de celui du Gabon, 149 et 150 du Code Pénal de Centrafrique, 173 de celui du Tchad et 264 de celui du Congo-Brazzaville. L’Afrique Centrale est toutefois loin d’être une particularité : les articles 264 bis du Code Pénal du Bénin, 245 du celui de la Mauritanie, 209 de celui du Mali, 205 de celui de la Côte-d’Ivoire et 234 de celui du Sénégal. Le fait que la justice pénale officialise de facto et de jure la croyance en la sorcellerie n’enraye pas la violence, accrédite et réifie les croyances à la sorcellerie et confronte l’institution judiciaire à de graves disfonctionnements.

Ce colloque international porte sur le traitement judiciaire de la sorcellerie en Afrique depuis les indépendances comme objet de recherche en sciences sociales. Il vise, par ailleurs, sous l’égide des droits de l’homme, à informer les autorités politiques des pays africains et tout particulièrement de République Centrafricaine, où il est organisé, des avancées de connaissance anthropologiques, sociologiques, juridiques confrontées aux expériences des magistrats sur les formes de violence sociale dans les affaires de sorcellerie. Les instructions et les procédures restent encore sous l’emprise des croyances et des coutumes locales. Ce colloque vise à confronter les analyses de spécialistes de cette question à partir de travaux de recherche menés dans plusieurs aires et pays de l’Afrique subsaharienne.

Ce colloque est organisé par le programme « Sorcellerie, violence et criminalité – Formation continue anthropologique des magistrats centrafricains » financé par l’union européenne et exécuté par l’Université d’Aix-Marseille (France) et le Centre d’Étude des Mondes Africains (CEMAf - UMR CNRS 7181). Pour ce colloque, le projet s’associe à plusieurs équipe et organismes partenaires : l’université de Bangui, l’UNICEF, le PNUD, le BINUCA, la Coopération française, la Coopération danoise etc. Les organisations partenaires de cette manifestation scientifique ayant une expérience dans ce domaine d’intervention présenteront leurs problématiques et leurs résultats dans le cadre de conférences et d’ateliers thématiques sur la justice, les droits de l’homme, l’enfance, le genre ainsi que toutes les catégories stigmatisées par les accusations de sorcellerie et leurs conséquences socioculturelles.

Appel à contributions

Sous l’égide de l’anthropologie, de la justice et des droits de l’homme, un appel pluridisciplinaire à communications est diffusé afin de recueillir et associer les contributions de chercheurs de divers pays susceptibles d’apporter des éclairages déterminants sur la justice pénale face aux accusations de sorcellerie et les faits de violence qui en sont fréquemment les conséquences. Les chercheurs en sciences sociales, particulièrement les anthropologues, seront confrontés à des magistrats qui présenteront leur expérience critique du jugement de la sorcellerie.

Les chercheurs souhaitant proposer un article sont priés d’envoyer un résumé (4000 signes maximum) de leur proposition avant le 30 juin 2012. Le comité scientifique procèdera à la sélection des propositions et en publiera les résultats le 10 juillet. Les contributions définitives devront parvenir aux organisateurs du colloque avant le 1er novembre 2012 dernier délai, aux adresses suivantes :

Bruno Martinelli, CEMAf, professeur à l’université d’Aix-Marseille
bruno.martinelli@univ-amu.fr

Jacky Bouju, directeur du CEMAf-Aix, maître de conférence à l’université d’Aix-Marseille
bouju@mmsh.univ-aix.fr

Aucun frais d’inscription n’est exigé. Les intervenants ainsi sélectionnés sont informés que l’organisation du colloque n’assure ni leur transport ni leur hébergement.