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Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Séminaire du CEMAf-Aix 2012-2013

Le séminaire a pour thème : « L’Afrique subsaharienne : construction des savoirs et politiques du passé » et son objet sera d’étudier les récits et les usages du passé des sociétés africaines, c’est-à-dire comment les références au passé de l’Afrique sont l’objet de formes d’appropriations et de constantes reconstructions socio-culturelles et politiques, et comment historiens et anthropologues étudient et racontent les sociétés africaines dans le temps.

Responsables : Catherine Atlan et Sandra Fancello

Afrique subsaharienne : Constructions des savoirs et politiques du passé

Un jeudi par mois, de 14h à 16h30, MMSH.

- Jeudi 18 octobre : Introduction et présentation du séminaire.
14h-16h, salle Paul-Albert Février.

- Jeudi 8 novembre : Roman colonial et sorcellerie en Afrique
14h-16h30, salle Paul-Albert Février.
Avec Francis Simonis (CEMAf-Aix) : “La femme antilope” : roman colonial et sorcellerie.
Bruno Martinelli (CEMAf-Aix) : Juges et administrateurs face aux affaires de sorcellerie.
Résumé  : La justice coloniale était dualiste selon qu’elle s’adressait aux populations locales dites « indigènes » ou aux citoyens français. Deux catégories d’acteurs français étaient en charge des actions judiciaires concernant les sociétés africaines : les juges et les administrateurs. Les affaires de sorcellerie, peu documentées durant la première moitié du XXe siècle, sont apparues comme des affaires de premier plan de l’actualité judiciaire à partir de 1947, lorsque les tribunaux coutumiers eurent perdu leurs prérogatives juridictionnelles (1946) et lorsque la sorcellerie est entrée officiellement dans la liste des délits et crimes du code pénal colonial (décrets de décembre 1947). Au delà des textes codifiés, on peut se demander pourquoi la justice pénale a accordé une telle importance à ces affaires, une à deux décennies à peine avant les Indépendances, et s’interroger sur l’importance des croyances des juges européens à la sorcellerie africaine. La gestion de ces affaires par le personnel répressif en charge des enquêtes, puis aux audiences des tribunaux par des juges européens isolés, assistés d’assesseurs « indigènes », apporte un éclairage sur ce que fut le traitement pénal colonial de la sorcellerie. Les ouvrages romanesques tels que La femme-antilope de François Valdi (1928) ou des récits biographiques comme Le juge et le sorcier d’Éric Rau (1976) sont des documents instructifs tant du point de vue historique qu’anthropologique. Enfin, nous interrogerons le sens des continuités ou des écarts significatifs de pensée et de comportements entre les juges coloniaux d’hier et juges nationaux d’aujourd’hui.

- Jeudi 13 décembre : Biographies, autobiographies et récits de vie en Afrique : enjeux historiques et anthropologiques.
14h00-16h30, salle Duby
Avec Jean-Philippe Dedieu (EHESS, Paris) : Les usages politiques des écritures de la diaspora africaine en France.
Catherine Atlan (CEMAf-Aix) : Léopold Sédar Senghor (1906-2011), une autobiographie éclatée : les fonctions d’un “récit de soi” en exil.

- Jeudi 17 janvier 2013 : Table ronde autour de l’ouvrage Sorcellerie et violence en Afrique (Karthala, 2012).
14h00-17h, salle Duby
Avec Roberto Beneduce, Bruno Martinelli, J. Bouju, S. Fancello, Sylvie Ayimpam, André Mary (discutant), Fabio Viti (discutant).
Résumé  : Dans plusieurs pays africains la croyance à la sorcellerie se traduit par des accusations, des stigmatisations, des violences, des procès judiciaires et parfois, par de lourdes condamnations. Des églises aux tribunaux, être désigné comme « sorcier » impute à la personne accusée une capacité de nuire et l’assigne à une déchéance d’humanité. De l’espace villageois à l’espace urbain, de l’espace privé à l’espace public, les flambées de violences accusatrices ont un caractère quasi épidémiologique allant jusqu’à mettre en cause le fonctionnement de l’État et de ses institutions. Cet ouvrage fait le choix d’aborder la question de la sorcellerie sur le terrain de la violence qu’elle engendre. La question de savoir si la violence sociale déployée autour de la sorcellerie est une forme de coercition (légitime) ou une forme de violence (illégitime) fait aujourd’hui débat dans la plupart des sociétés africaines. Pour tout le monde, la sorcellerie engendre la violence, que ce soit la violence du présumé sorcier qui se nourrirait de l’énergie vitale d’une personne, ou la violence des accusateurs, des pasteurs-prophètes, des forces de l’ordre ou de la vindicte populaire à l’encontre des accusés. Les hésitations des autorités pour juger de quel côté, de l’accusation ou de l’accusé, se situe la violence font écho au grand partage qui s’est établi depuis l’époque coloniale entre les croyances populaires à la sorcellerie et les jugements de Loi. A partir d’études de terrain menées au cours de la dernière décennie de manière comparative dans plusieurs pays africains (Centrafrique, Tchad, Cameroun, Mali, Congo, Gabon), cet ouvrage rassemble les contributions d’anthropologues européens et africains, de juristes, magistrats et professeurs de droit, porteurs de réflexions communes sur les croyances génératrices de violences et les atteintes aux droits des personnes et des catégories sociales vulnérables.

- Jeudi 14 février : Utiliser les sources archéologiques : histoire et sociétés du Sahara
14h00-16h00, salle Duby
Avec : Christian Dupuy (CEMAf) : Les apports de l’archéologie à la connaissance des échanges transsahariens avant le commerce atlantique
Résumé  : Chars, chevaux, zébus, ovales à double ponctuation, armes métalliques, dessins curvilignes complexes, constituent une famille de motifs particuliers intégrés dans l’art rupestre du Sahara qui témoignent de l’ouverture du Sahel ouest africain aux mondes des métaux européens et asiatiques au cours des deux derniers millénaires av. J.-C. Ces échanges à grande distance se réalisent entre des communautés aux hiérarchies sociales marquées. C’est dans ce contexte que du mil de signature génétique ouest africaine est introduit et cultivé en Inde à partir de la première moitié du IIe millénaire av. J.-C. L’aridité culmine aux alentours des débuts de l’ère chrétienne. L’adoption du dromadaire contribue à la continuité des échanges transsahariens dont les élites tirent profit comme en témoigne la nature exotique de vêtements, bijoux et armes retrouvés dans quelques sépultures ouest africaines préislamiques. La conquête arabe en 640 apr. J-C., puis la frappe de dinars au Maghreb utilisant l’or du Sahel, favorise un important flux de marchandises à travers le Sahara. Les fouilles archéologiques menées sur divers sites des moyennes vallées du Niger et du Sénégal permettent d’en approcher les termes, avant que le commerce maritime mené par les Européens sur la façade atlantique africaine ne batte son plein au XVIe siècle.

- Jeudi 14 mars : Créations culturelles et conservation : les « forêts sacrées »
14h00-16h30, salle Duby
Avec : Dominique Juhé-Beaulaton (CNRS-MNHN, Paris) : Histoire et patrimonialisation des sanctuaires boisés : études de cas au Sud Bénin.
Résumé  : Les bois sacrés sont souvent considérés comme des reliques d’une forêt aujourd’hui disparue, alors que les récits de fondations relatent la création de sites, en lien avec d’anciens habitats, abandonnés pour diverses raisons (conquêtes militaires de royaumes voisins, épidémies). Ces habitats, construits en terre, une fois abandonnés, étaient conquis par la végétation et devenaient des bosquets. Ces sites sacrés naturels sont donc des lieux privilégiés où s’exerce la mémoire collective transmise de génération en génération. Cependant, des hiatus peuvent se produire dans l’histoire même de l’occupation des sites, faite de successions, d’interruptions, d’abandons, de déplacements ou de continuités. Ces événements, ancrés sur ces sites, sont la source des récits interprétés par les historiens pour construire l’histoire des populations concernées. Le transfert qui commencent à s’observer d’un patrimoine naturel (et culturel) vers un patrimoine architectural bâti répond mieux aux critères du patrimoine culturel occidental et les réalisations qui en découlent sont de plus en plus valorisées à des fins de développement économique notamment par le tourisme.

Matthieu Salpeteur (ICTA-UAB, Barcelone) : Quand l’histoire devient paysage. Dynamiques locales de genèse et de transformation des bois sacrés dans la région des Grassfields (Ouest-Cameroun).
Résumé  : Les « sanctuaires boisés » constituent aujourd’hui l’essentiel du couvert forestier de la région Ouest du Cameroun, soumise à une forte pression démographique. Certains de ces sites font aujourd’hui l’objet d’initiatives de protection et de reboisement, appuyées en partie sur un discours faisant appel à la « théorie des reliques ». Or l’étude des fonctions, des modes de gestion, ainsi que des logiques politiques et rituelles qui conduisent à la mise en place et au maintien de ces sites montre clairement que, loin d’être figés, ils sont au cœur de processus dynamiques. A travers l’étude de quelques cas exemplaires, nous montrerons ici comment ces lieux changeants sont associés à la mémoire collective et en quoi ils peuvent servir de support à une relecture de l’histoire et des dynamiques paysagères. Nous étudierons également les enjeux spécifiques qui émergent aujourd’hui autour de ces sites, dans les royaumes de la région.

- Jeudi 4 avril : Présentation des travaux des étudiants du CEMAf
14h00-16h30, salle G. Duby Avec :
Mathilde Barou (Master, histoire), Femmes de pouvoir au tournant du XXIè siècle : analyse de trois récits autobiographiques (Adame Ba Konaré - Simone Gbagbo - Ellen Johnson Sirleaf).
Vanessa Pedrotti (Master, histoire), Religion, médicalisation et humanitaire en Éthiopie.
Sariette Batibonak (Doctorat, anthropologie), Pentecôtismes et violence du discours sorcellaire au Cameroun.
Emmanuel Galland (Doctorat, anthropologie), Réflexions autour de l’économie morale de la richesse à Yaoundé (Cameroun).

- Jeudi 16 mai : Traites et esclavages : historiographie, mémoire et patrimonialisation
14h00-16h30, salle Duby
Avec : Henri Médard (Univ. Paris 1) : Esclavage féminin et construction sociale du genre. Rendre “naturelle” la domination servile au Buganda (1750-1900).
Résumé  : L’Afrique des Grands Lacs connait de profondes transformations au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Le Royaume du Buganda (qui donne son nom à l’Ouganda actuel), fortement militarisé, émerge de cette période trouble comme la puissance dominante du XIXe siècle. Le nombre d’esclaves croit de manière fulgurante. Dans la première moitié du XIXe siècle, la société ganda se trouve confrontée à la gestion de l’arrivée en nombre massif de femmes et d’enfants non libres (multiplication des captives par 10 en une génération et par 20 en un demi-siècle). La terreur est le premier instrument de la domination des non-libres (mais également de la sujétion des libres à l’Etat). Beaucoup de sociétés esclavagistes construisent la domination en instrumentalisant une idéologie de races ou en jouant sur les catégories cadet-ainé. Au Buganda, c’est le genre qui est utilisé. La domination quotidienne, l’attribution des tâches, la surveillance ou l’encadrement vont être construits autour de la division sexuelle du travail et du harem. Il en découle une reformulation idéologique des catégories de genre qui cherche à faire correspondre le pouvoir à la masculinité et la soumission à la féminité. Cette idéologie a de multiples conséquences sociales. Elle contribue à l’abaissement global du statut des femmes et à l’attribution d’un genre masculin aux femmes de pouvoir (les princesses par exemple). En revanche, elle impose un esclavage ouvert pour les garçons, qui sont affranchis en atteignant l’âge adulte. C’est la construction de cette idéologie et ses nombreuses implications sociales, économiques et sexuelles que nous aborderons ici.

Gaetano Ciarcia (Univ. Montpellier 3) : Entre institution et dispersion. La quête mémorielle du passé de l’esclavage dans le Bénin méridional.
Résumé  : Il sera question de la quête de deux mémoires qui, dans le Bénin méridional, se cherchent, se croisent, font corps et se séparent sans cesse : celle de la traite transatlantique et celle des cultes dits vodun. Sur les lieux du programme UNESCO de la Route de l’Esclave, nous observons la tentative d’inversion des stigmates du passé, qui devrait permettre aujourd’hui à une histoire tragique de se racheter sous forme de discours mythique. L’époque « païenne », qui a vu naître des cultes encore pratiqués par une partie importante de la population, et l’époque tragique de la déportation océanienne sont mis alors en scène en tant qu’héritage culturel, religieux et diasporique. Tout en étant à la recherche de consensus et se voulant réparatrice, cette mémoire est brouillée sans cesse par des liens et des « oublis » conflictuels : entre Africains et Afro-Américains, entre cultes vodun et morale chrétienne, entre discours officiels et réminiscences intimes, entre les souvenirs de ceux qui s’identifient aux descendants des anciens razzieurs et les discours de ceux qui se réclament être les descendants de leurs victimes. Au cours de la communication, des images filmées extraites du film Mémoire promise (Iiac, ministère de la Culture et de la Communication/CNRS Images, 2013, réalisé par G. Ciarcia et J.-C. Monferran) viendront illustrer le propos général de la communication.

- Jeudi 6 juin 2013 : Journée d’étude
Les institutions face à la sorcellerie : outils et défis de l’enquête
9h30-17h30, salle Duby
Rencontre organisée par le CEMAf et le programme ANR EInSA : L’État et les institutions face à la sorcellerie dans l’Afrique contemporaine
Avec : Filip de Boeck (Univ. Leuven), Peter Geschiere (Univ. Amsterdam), André Mary (LAHIC-EHESS), Roberto Beneduce (Univ. Turin), Julien Bonhomme (LAS, Collège de France), Maixant Mébiame-Zomo (Univ. Libreville), Andrea Ceriana (UCL), Bernard Coyault (LAHIC-EHESS).
Présentation  : La sorcellerie a toujours été, y compris pour les anthropologues qui en ont fait leur « affaire », un objet problématique sur le plan de la définition de la chose dont on parle, de la méthode d’approche mais aussi de la posture du sujet impliqué dans l’enquête. Cette journée d’étude entend poser clairement les problèmes de faisabilité de l’enquête sur un objet polémique. L’analyse des difficultés rencontrées, des impasses ou même des échecs fait partie traditionnellement des leçons de ce type de terrain. L’apport essentiel de l’observation est de travailler souvent dans les interstices des dispositifs rituels et des entreprises du marché thérapeutique ou à la marge des institutions judiciaires ou religieuses. Comment initier un travail qui prenne en compte les interactions entre les institutions (coutumières ou modernes), leurs procédures et leurs engagements dans le traitement ou la lutte contre la sorcellerie ? Comment entrer et se faire accepter en tant que chercheur dans les tribunaux, les églises, les familles, les entreprises ? Mais aussi, comment travailler sur des affaires qualifiées par les médias de « crimes rituels » au-delà du dossier de presse et des sources journalistiques ? Comment aborder un procès sans s’enfermer dans le dossier d’instruction ou le jugement des juges ? Une réflexion méthodologique et pédagogique préalable, située et comparative, s’impose. Programme détaillé