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Accueil du site > La recherche > Séminaires et ateliers > Séminaires & ateliers à Ivry-sur-Seine > Singularité et technologie

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Singularité et technologie

Organisé par Nadine Wanono (CEMAf-Ivry) et Francis Rousseaux (IRCAM)

Le séminaire "Singularité et Technologies", animé par Nadine Wanono (anthropologue cinéaste) et Francis Rousseaux (informaticien) a été créé en septembre 2005 sur la base d’un programme de recherche élaboré en commun. Il s’est tenu essentiellement à la Maison Suger, dans les locaux de l’Ircam ainsi qu’au Musée du Quai Branly.

Enjeux du séminaire
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Enjeux_Seminaire_S&T

Programme 2007-2008

Singularité et Technologies Le thème de la singularité et de son rapport croisé avec la synthèse et la technologie a fait l’objet de la saison inaugurale 2005/2006, avant d’évoluer dans la direction d’une investigation sur les collections (saison 2006/2007).

En 2007/2008, le séminaire poursuivra son développement en portant l’enquête sur l’interrogation.

Piaget, dans un effort pour rationaliser et différencier les catégories des collections figurales, dégage son fameux repère abstrait forme/espace-temps. Mais cette description n’épuise pas le phénomène que Bachelard (La poétique de l’espace) appelle la rêverie, à savoir l’invitation créative que nous adresse la présence à imaginer et à nous ressouvenir, aussitôt qu’elle scintille en collections (voir aussi Deleuze dans Proust et les signes). La collection émousse l’objet en nous faisant sentir qu’il est toujours déjà recollectionné et poétisé, sa catégorisation toujours hantée par d’autres attracteurs que la forme et l’espace-temps abstraits. Maintenir en présence est une activité créative qui ne s’en laisse imposer ni par l’absence formelle, ni par l’inactualité passée ou à venir. A peine relaxée la contrainte de rationalité, la présence retrouve sa densité saturée et s’ouvre (sans extériorité) pour englober le ressouvenir et la rêverie, estompant le privilège du maintenant et faisant aussitôt de l’absence une qualité particulière du présent. Les collections figurales ne cessent de se con-figurer, de se reconfigurer donc. Et c’est alors qu’une question s’impose tout à coup, sans prévenir et comme du cœur de la rêverie... Comment une interrogation ou un paradoxe traversent-ils soudainement la structure de la présence ?

Nos rendez-vous

Nous nous réunirons tous les premiers jeudis ouvrés de chaque mois de 17h30 à 19h30 à la Maison Suger 16-18, rue Suger 75006 Paris

Jeudi 3 AVril 2008 à la Maison Suger.Olivia Lavergne

Humour & burlesque, une pratique du détournement - Les avatars du burlesque, une dramaturgie interactive

Jeudi 27 mars 2008 au Musée du Quai Branly,Sophie Caratini

Les différentes approches mises en pratique au cours de son terrain en Mauritanie et au Sahara Occidental.

Elle exposera l’itinéraire de ses questionnements sur la richesse et les limites du point de vue disciplinaire et de la posture - sur le terrain - d’un anthropologue singulier. S’interrogeant d’abord sur ce qui l’a conduite à effectuer un "temps d’arrêt épistémologique" lors de la rédaction de son essai "Les non-dits de l’anthropologie" (PUF 2004), elle abordera ensuite la question de la complémentarité des disciplines en évoquant ses dernières expériences de collaboration avec des ingénieurs et techniciens à propos du développement des services de base (eau, électricité), en milieu rural mauritanien.

Jeudi 13 mars 2008 à la Maison Suger Charlie Galibert,

La question de l’interrogation avec celle de l’impossible commencement

Il nous présentera ses recherches autour du thème de la question de l’interrogation avec celle de l’impossible commencement. Dans une première partie, il reviendra sur ce questionnement in vivo et in situ de son terrain corse à l’époque de son travail de terrain, questionnement qui, partant de la figure de l’insularité corse passe par la figure anthropologique générale de l’insularité pour devenir véritablement invasive et obsessionnelle - avec le risque d’un "discours de bègue", d’une claudication ou d’un sur-place. Qui est l’autre et pouvons nous seulement communiquer avec lui ? interrogation que croise celle de la réciprocité, du dialogisme et des grandes question épistémologiques, éthiques, philosophiques du statut de l’altérité.

Le jeudi 7 février 2008 à la Maison Suger,François Pachet

Ontogenèse d’une oreille musicale".

J’ai voulu reconstituer la manière dont certaines écoutes répétées ont construit des repères, comment ces repères se sont organisés en réseau qui s’active lors des écoutes successives, qui parfois se modifie, voire se détruit par certaines écoutes particulièrement dérangeantes. Aujourd’hui, c’est ce réseau qui coordonne la manière dont je perçois la musique, dont je l’écoute, m’en souviens et finalement dont je l’apprécie. Résultat d’années d’attention minutieuse, microscopique et désordonnée, il s’est construit en obéissant à des lois de gravitation que je sens exigeantes, sans les comprendre vraiment. J’ai ainsi tissé un réseau de 200 événements musicaux marquants, la plupart très localisés, qui rendent compte d’une oreille d’auditeur de la fin du 20è siècle.J’ai essayé de raconter cette histoire, pensant que si l’histoire elle-même est nécessairement unique, son schéma général ne l’est sans doute pas. Je voudrais parler de ce projet, et commenter quelques exemples tirés de ce texte

Jeudi 10 janvier 2008 à la Maison Suger,Miguel Almiron

Organique vs Numérique

Cet ensemble crée une texture de synthèse organique, concept que l’artiste a appelé " peau numérique " ou " chair numérique ". Depuis 1996, l’artiste a engagé une réflexion sur les possibilités d’exprimer le sensible du corps et de l’être humain à travers l’utilisation des nouvelles technologies liées à l’outil informatique. Dans ses vidéos, Miguel Almiron capture numériquement des organes réels, des parties du corps qu’il transforme, met en mouvement et sublime à l’aide d’outils de haute technologie tels que les logiciels 3D ou scanner 3D (CyberWare). L’image que l’artiste nous donne à voir dans ses vidéos évoque l’intériorité du corps. Il semble que des êtres et des organes souvent sexuels se conjuguent, se mélangent et se transforment pour donner naissance à de nouvelles formes organiques.

13 décembre 2007 au Musée des Arts premiers du Quai Branly Lise Boily,

Numérisation, Collections et Permutation

Les développements scientifiques et techniques redéfinissent l’espace de création. Les moyens de communication transforment de façon perceptible la contribution des artistes et tout à la fois la qualité des expérimentations innovantes. La numérisation facilite de nouvelles formes de production, de diffusion, de participation et remet en cause la notion même de culture ainsi que les équilibres traditionnels des industries de la culture et des arts de la scène. Avec le transfert des savoirs et des patrimoines culturels par la codification, la numérisation amplifie les possibilités d’exploration et d’innovation.

Lundi 5 Novembre 2007, 17h30 à la Maison Suger,René Zaragüeta i Bagils

Classification biologique, clades et collections

ingénieur d’études au sein de l’équipe Systématique, Recherche Informatique et Structuration des Cladogrammes du Laboratoire Informatique et Systématique, UMR Paléobiodiversité et Paléoenvironnements de l’Université Paris 6.

Programme 2006-2007

Singularité et Technologies : Les collections

Nous souhaitons notamment prolonger l’expérience en nous laissant guider par la pente naturelle qu’elle a prise l’an dernier en traitant plus particulièrement des rapports qu’entretiennent la Singularité et les Collections, toujours par le truchement des Technologies.

Projet 2006-2007

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Projet_2006/07_S&T

Prochains rendez-vous

Nous nous réunirons tous les premiers jeudis ouvrés de chaque mois de 17h30 à 19h30 à la Maison Suger 16-18, rue Suger 75006 Paris (http://www.msh-paris.fr/la_msh/suger_presentation.htm),

5 octobre 2006 la séance sera animée par Jean Lambert] auteur de "Le Dieu distribué, une anthropologie comparée des monothéismes", coll. Patrimoines, éd. du Cerf, 1995.

Le singulier système des monothéismes Formant système par le moyen de leurs différences, étagés sur les trois fonctions indo-européennes, les ou le monothéisme(s) traduisent du point de vue religieux ou généalogique le polythéisme par d’autres moyens : engendrer l’unité du peuple à partir d’un multiple ethnique, opérer la geste du guerrier sauveur, établir la double loi céleste/humaine. Système saturé, il n’y a pas de quatrième monothéisme. Mais traversant le corpus, se détourne de cette organisation idéologique une brèche prophétique homologue, un oracle d’ouverture, trois récits de traversées Exode, Metanoia, Hijra, ou révolutions orphelines nommées Moïse, Jésus, Mohammed. Ce moteur différentiel, ce double régime généalogie/oracle, cette polarité religieuse repérée dans le premier tiers du XXe siècle, peut donner un sens politique à la notion bergsonienne de « fabulation », en construisant les deux sources de la transmission.

jean.lambert8@libertysurf.fr http://www.ehess.fr/centres/ceifr/pages/lambert.html

Le 09/11/06 Frédéric Leymarie -

Présentation des projets récents se situant à la frontière des arts et de l’informatique, et en particulier :

1) AIKON : l’Artiste/Automate IKONographe une collaboration avec l’artiste/portraitiste Patrick Tresset où l’on étudie les processus créatifs à la source de la génèse d’un portrait et tente d’identifier ce qui distingue un style (de dessin) d’un autre http://doc.gold.ac.uk/aikon/wp/

2) MUTATORS : une collaboration avec l’artiste William Latham http://doc.gold.ac.uk/ latham/ projet à la frontière entre la génétique, la théorie de l’évolution et l’art, le design. http://doc.gold.ac.uk/mutators/

3) Sculpture Biomimetique une collaboration avec l’artiste/sculpteur Brower Hatcher et le Mid-Ocean Studio http://www.midoceanstudio.com/ http://www.doc.gold.ac.uk/morpholingua/ http://www.lems.brown.edu/ leymarie/

Le 14/12/06 Alain Bonardi-

La représentation de théâtre et d’opéra, comme constitution/parcours de collection

Entre solitude métaphysique et dissolution subjective, le spectateur de théâtre et d’opéra éprouve une succession de séquences qui font motifs. Alors que le théâtre classique s’efforce de concevoir ces motifs a priori, en établissant des ontologies de situations et de personnages, nous témoignerons de projets scéniques qui visent des "formes ouvertes", que le spectateur éprouvera comme des collections spatio-temporelles.

Projets scéniques présentés :
- La Traversée de la nuit, de Geneviève de Gaulle-Anthonioz
- Alma Sola, opéra numérique en forme ouverte (http://www.almasola.net)
- Sur la lecture, de Marcel Proust (http://www.alainbonardi.net/siteProust) Alain Bonardi http://www.alainbonardi.net http://gtv.mshparisnord.org/membres/bonardi/

Le 11/01/07 Gretchen Schiller -

“ Le corps médium”

L’ensemble de ses projets cherchent à sensibiliser le public au vécu de son propre corps et à notre culture kinésthésique que Gretchen Schiller nomme le “champ kinésthesique”. Pour cette chorégraphe canadienne, le terme “champ kinésthesique” décrit le corps-médium comme une dynamique temporelle et spatiale basée sur les processus de rétroaction entre le corps et son environnement. Directrice de l’association française, mô-vi-dä, ses projets artistiques proposent des vécus kinésthésiques autres qu’une simple traduction de notre vécu quotidien. Par le biais de techniques numériques, ils cherchent des registres d’espace-temps (non-linéaire), poids (non gravité) et effort (simulation magnétique) qui nous permettent de se demander “qu’est-ce le corps ?”.

Le 13/02/07 Francis Rousseaux -

La collection figurale, Bober/Perec, Moussorgski/Hartmann On s’intéresse au déploiement co-productif des collections, inspirant réciproquement les collectionneurs. Ici, les collections sont des œuvres, ouvrant ainsi, par inspiration d’artistes. Surprenons ce phénomène à la faveur malheureuse de l’abandon critique d’un développement, par mort créatrice (fait encore partie du procès) ou, plus brutalement, disparition - prématurée, brutale de l’artiste.

Le 08/03/07 Catherine Verheyde -

Album de famille et machine de guerre

Le thème de la collection sera introduit à partir de la présentation de deux protocoles d’expérience, qui relèvent de l’enseignement reçu puis décrit par Carlos Castaneda dans ses livres. Ces techniques s’intègrent à l’ensemble plus vaste de l’initiation à la « voie du guerrier » transmise sur plus de vingt ans par Don Juan, un chaman mexicain, indien Yaqui de tradition Toltèque, au jeune étudiant en anthropologie californien. Après une brève introduction à cet enseignement, nous retiendrons alors les techniques de la récapitulation et de la constitution de l’album de souvenirs personnels et mémorables, à partir desquelles nous essaierons de montrer en quoi la philosophie de Deleuze, qui est une pensée de la singularité, de la vie et de la création, s’articule profondément à une conversion de notre vision du monde, inspirée en partie par sa rencontre avec l’œuvre de Castaneda.

Le 27/03/07 Georges Legrady

Professeur des médias interactifs à l’Université californienne de Santa-Barbara (UCSB)

Pockets Full of Memories, Making Visible the Invisible

-  Pockets Full of Memories le public est sollicité pour constituer la base de données à partir des objets qu’ils ont sur eux. En outre chaque personne remplit un questionnaire et décrit l’objet à partir d’un certain nombre de propriétés et de mots-clés. Sur cette base de description linguistique, un algorithme crée une carte "auto-organisée" (Kohonen) des objets et leur assigne une position dans la base. L’algorithme assure une réorganisation constante des objets au fur et à mesure que de nouveaux objets sont introduits dans la base.
-  Making Visible the Invisible* : analyse et cartographie des lectures quotidiennes du public, saisies dans le mouvement de circulation des livres qui entrent et sortent de la Bibliothèque publique de Seattle.
-  Global Collaborative Visual Mapping Archive (GCVMA) : les méthodes des dispositifs des technologies de communication cellulaires sans fils, méthode de réunion des données, et interfaces visuelles par lesquelles les images et leurs données sont accessibles et interagissent avec elles.

http://www.mat.ucsb.edu/ g.legrady/glWeb/Projects/pfom2/pfom2.html

Le 05/04/07 Nadine Wanono

La collection à partir des concepts proposés par G. Deleuze.

Comment les concepts d’Image-Temps et d’Images -Mouvements proposés par Deleuze nous permettent d’appréhender le cinéma comme une forme de collection de « blocs mouvements- durées » agencés en fonction de description organique (dialectique ou empirique) ou de description cristalline où l’actuel et le virtuel sont indiscernables Peut-on considérer le cinéma comme une simple collection d’images puisant dans le registre de l actuel et du virtuel pour reprendre une terminologie deleuzienne ? Pour prolonger cette réflexion nous analyserons le travail de Lev Manovich, Soft Cinéma,qui nous propose une réflexion cinématographique où la programmation se substitue à la narration

http://www.cemaf.cnrs.fr/article.php3?id_article=68

Le 03/05/07 Valérie Morignat-

Le Sujet désenchanté : suprématie et singularité dans les mondes virtuels.

Avec le développement exponentiel des transactions numériques et de la transposition logicielle des formes biologiques, comportementales, culturelles, l’antagonisme entre la réalité sociale et la sphère de l’imaginaire individuel s’affaiblit. Loin de défendre "l’autre dimension" irréductible au monde des affaires" que Herbert Marcuse appelait des ses voeux, les nouveaux mondes virtuels en ligne assimilent le Sujet à un ensemble opérationnel et l’absorbent dans une utopie contrôlée. Réifiées par une domestication marchande, les figures de la transcendance survivent dans la forme post-technologique des "stimuli manipulés" et des promesses de liberté d’une "Seconde Vie" virtuelle ( Second Life). Dans ces mondes virtuels persistants, le singulier et le général, le corps et l’esprit, l’artificiel et le naturel, le rationnel et l’irrationnel sont des "objets d’organisation interchangeables" au sein d’un monde devenu "la substance d’une administration totale qui enveloppe les administrateurs eux-mêmes" (HM, L’Homme unidimensionnel). La conquête de la transcendance menée par la civilisation industrielle avancée est bien la conquête du Sujet, celle de la singularité menaçante pour les intérêts particuliers tapis dans la promotion des univers virtuels.

Eprouvant plusieurs mois d’immersion dans Second Life - la plus large hallucination consensuelle actuellement développée (près de 6 millions d’avatars) - et en faisant état des recherches en matière d’interfaces développées pour les jeux vidéos immersifs, mon intervention propose trois approches distinctes de la notion de Singularité.

1° L’analyse s’articulera en premier lieu autour des notions de Sujet et de suprématie dans les mondes virtuels sous l’éclairage des théories d’Herbert Marcuse sur la rationalité technologique.

2° En second lieu, le couple de la subjectivité et de la synthèse me permettra un examen critique des interfaces, neuronales et kinesthésiques, développées pour les jeux virtuels immersifs et les environnements partagés.

3° La Singularité sera enfin envisagée comme idéologie dans le domaine de l’Intelligence Artificielle avancée.

Abordé dans l’ensemble des trois chapitres de l’analyse, le thème de la collection sera le révélateur d’une culture post-technologique où une vision machiniste du monde et de ses sujets colonise un imaginaire de l’immatériel qui se réifie dangereusement.

Ce n’est qu’à la condition de se désolidariser d’une idéologie mécaniste et procédurale, qui ne projette que la "forme universelle de la culture matérielle", que le développement des mondes virtuels déploiera ses potentiels multidimensionnels.

Le 14/06/07 Alain Balseiro -

"Mnémotechnologies, surcharge cognitive et expérience créative"

La pleine expansion des réseaux "mnémotechnologiques" revisite la question de la surcharge cognitive dans la sphère artistique. Comment les outils hypermédias interrogent-ils notre façon de percevoir, mémoriser et synthétiser le "surplus" d’informations ? Quelles conséquences sur le processus créatif, particulièrement dans le domaine de l’informatique musicale ? En ramenant la question du surplus d’informations à l’origine de la pensée "créative", on s’aperçoit que les synthèses kantiennes offrent des repères intéressants pour comprendre les enjeux de la pensée réseau. Entre dysfonctionnement cognitif et éveil d’intelligibilité, ce projet tente d’explorer les modalités de création d’une collection d’objets intermodaux aux critères multiples et différenciées.

Une importante piste de réflexion s’ouvre également avec le déficit d’inhibition latente (DIL), déficit d’intelligibilité court-circuitant les rétentions husserliennes. Le surplus d’informations issu de ce dysfonctionnement cognitif désorienterait et déstabiliserait le sujet n’arrivant plus à comprendre ou catégoriser de façon synoptique. C’est en perdant ses "réflexes d’opérateurs logiques" (Piaget) que le sujet retrouverait ses expériences perceptives/exécutives originaires, proches en cela de l’écriture « hiéroglyphique » défendue par Adorno (et sa dialectique "égyptienne").

Dans ce mouvement de surcharge cognitive, ces nouveaux instruments hypermédias appliquées à l’art - que l’on considérait comme le prolongement de la pensée hégelienne dans l’intervention massive et hégémonique du concept - tendraient à nous détacher progressivement des concepts mis en jeu dans la classification logique. C’est ici que se produit le phénomène de la collection (et du DIL), cette expérience où on ne peut encore parler de « classes » mais de « convenances empiriques tirées de l’expérience antérieure vécue par le sujet ». De récentes recherches en psychologie ont identifié le déficit d’inhibition latente comme "une des bases biologiques de la créativité", mais pour que ce dysfonctionnement puisse avoir un effet positif ou créatif, le sujet doit "exceller" dans sa mémoire de travail. Qu’en est-il à l’heure où précisément ces réseaux "mnémotechnologiques" revisitent nos activités cognitives ?

Le 28/06/07 Louise Merzeau

Stocks et flux d’images : pour un espace public de la mémoire

D’un côté, les images publiques ou privées semblent circuler de plus en plus librement sur les réseaux. De l’autre, l’industrialisation de l’information pousse à une normalisation et une concentration des collections encore jamais atteintes. Dans un tel contexte, à quelles conditions peut-on maintenir ou recréer un “espace public de la mémoire” ? Entre stock et flux, à quelles images avons-nous accès, avec quels outils, quels savoirs et quels droits ? Et que pouvons-nous faire avec ? La disponibilité des images suffit-elle à produire de la mémoire, à la partager, à la transmettre ? Ne faut-il pas plutôt penser la mémoire comme un processus de production, voire d’invention ? C’est l’hypothèse qu’on développera à partir de quelques montages photo & vidéo, où sont expérimentées des écritures mémorielles. Dans ces montages, la singularité s’éprouve à travers les traces charriées par la multiplicité des systèmes d’information, enchevêtrant imaginaire et document, individuel et collectif, histoire et actualité. Nomades et revenantes, les images sont toujours incorporées : elles traversent des dispositifs techniques qui produisent une mémoire structurante et structurée, c’est-à-dire politique. Projections : • Imaginer la guerre (montage vidéo 33 min) • Souvenirs (imaginaires) d’Europe centrale, In God They Trust, Codex (montages photographiques) Louise Merzeau : merzeau at noos.fr

Séminaire Singularité et Technologies 2005-2006

Résumé des principales interventions

Francis Rousseaux francis.rousseaux@ircam.fr Professeur des Universités en informatique, coordinateur de projets européens de recherche et développement à l’Ircam-CNRS. Ingénieur en informatique, il a travaillé dans l’industrie du logiciel avant de se tourner vers la recherche en intelligence artificielle. Il a été auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, et responsable d’une équipe associée au Collège international de philosophie. Il dirige la collection Eidétique aux éditions Delatour.

Date des exposés : 29/09/05 à l’Ircam 11/10/05 à la Maison Suger

Titre des exposés :Singularités à l’œuvre dans la technologie http://www.cemaf.cnrs.fr/IMG/pdf/Francis_Rousseaux_05-06.pdf

Nadine Wanono, wanono@ivry.cnrs.fr http://www.cemaf.cnrs.fr/article.php3?id_article=68 Anthropologue cinéaste, Membre de l’équipe d’Ivry du Centre d’Etudes des Mondes africains (CEMAf) Après la réalisation de films ethnographiques en pays dogon, elle a entrepris des recherches sur la spécifité du support filmique comme outils de représentation des données ethnographiques. Elle a participé à l’organisation du colloque : Du Cinéma Ethnographique à l’Anthropologie Visuelle, bilan, nouvelles techniques, nouvelles techniques, nouveaux langages. http://www.comite-film-ethno.net/co...

Date de l’exposé : Le 17/11/05

Titre de l’exposé : Perspectives et Anthropologie Visuelle

En affirmant que l’anthropologie visuelle a été le miroir d’enjeux épistémologiques majeurs nous ne poursuivons que les thèses avancées par Clifford, Marcus et Fisher, Turner et Tyler. Mais quelles sont les conséquences de cette crise de la représentation au sein de cette discipline ? Pour nous permettre de répondre à cette question nous dresserons un bref historique de cette discipline largement influencée par l’histoire politique mondiale, par l’incessante remise en cause des méthodes utilisées, et enfin par l’évolution constante des techniques proposées. Si cette évolution peut paraître inévitable et nécessaire une question centrale reste encore à être abordée : comment rendre compte de la réalité ? Alors que les technologies numériques questionnent notre perception de la réalité d’un point de vue philosophique, scientifique, artistique et religieux (DeLanda 2002, Deleuze 1985, Herzfeld 2001, Latour 1988, Levy, 1988) et que nombreux furent les artistes utilisant l’art numérique à reprendre et à s’inspirer de ce questionnement concernant par exemple notre perception de notions telles que l’espace/temps, les cinéastes anthropologues se sont principalement approprié ces nouveaux outils dans le cadre de la diffusion de leurs données, par la création de publications en ligne ou par la production de DVD. Ce qui nous paraît significatif est la quasi-absence de recherches entreprises tant sur les modes d’observation du réel que sur les modèles offerts en partage et leur statut au sein des nouvelles formes de représentation en circulation dans notre société. Afin de permettre d’engager un débat sur ces nouvelles formes de représentation offertes aux cinéastes- anthropologues, nous présenterons des extraits du DVD réalisé par Barbara Glowczewski-Baker intitulé : Pistes de rêves, art et savoir des Yapa du désert australien ainsi que des extraits d’œuvres d’artistes numériques.

Jacques Ibanez Bueno jacques.ibanez-bueno@univ-savoie.fr Maître de conférences à l’Université de Savoie, Laboratoire IREGE / G-SICA, BP 806, 74016 Annecy Cedex

Date de l’exposé : Le 8/12/05 à la Maison Suger

Titre de l’exposé : Pratique documentariste dans le cadre d’une démarche d’ethnologie virtuelle

Dans le cadre du séminaire Singularité et Technologie, le travail présenté se compose de deux parties : un documentaire en cours de réalisation et une réflexion épistémologique et méthodologique. Le terrain est un terrain dit virtuel. Il s’agit de travailler sur l’implication corporelle des usagers lorsqu’ils communiquent à distance via des technologies numériques et des réseaux électroniques. Plus précisément sont concernés les usages bidirectionnels de la webcam (via le réseau Internet) et l’utilisation de Messenger, logiciel développé par Microsoft et actuellement gratuit. Ce logiciel permet de communiquer simultanément entre deux personnes « en temps réel ». L’usager transmet, des images grâce à un cadrage avec une caméra miniaturisée et, des sons par le microphone couramment intégré dans la webcam. Dans les régions où le haut débit est disponible, cette pratique semble en croissance exponentielle du fait des coûts réduits de la webcam et de l’offre gratuite du logiciel Messenger de Microsoft à télécharger. Cet usage reprend le projet technologique et commercial du visiophone longtemps retardé pour le grand public. La tarification est forfaitaire pour tout le réseau haut débit et donne ainsi le caractère « illimité » de Messenger, opposé au modèle toujours dominant de la tarification téléphonique basée sur la durée. Cette dimension gratuite et permanente renforce le pouvoir d’attraction pour l’internaute et la possibilité de converser et de se montrer dans un dispositif, qui s’apparente au direct télévisuel bidirectionnel, et ceci sans équipe technique. Deux usagers et internautes sont visibles dans le documentaire : LIZA093 et HECTOR076. L’héritage du film ethnographique enrichit la démarche scientifique au sein d’une volonté d’appréhender une « réalité invisible » puisque privée et intime. L’anthropologie audiovisuelle accompagne d’autres disciplines comme la sociologie des usages, la sémiotique et la phénoménologie. Dans le champ actuellement en construction qu’est Internet, ces croisements disciplinaires permettent de nourrir des interrogations passionnantes dans le cadre d’une démarche évolutive qui reprend les principes d’une ethnologie virtuelle.

Frédéric Mauro f.mauro@senat.fr Frédéric Mauro est fonctionnaire parlementaire, du cadre des administrateurs du Sénat depuis dix-sept ans. Il a bénéficié, en mars 2001, d’une bourse de la Fondation Eisenhower (http://eisenhowerfellowships.org/). Il a eu ainsi l’opportunité d’effectuer un voyage de deux mois aux Etats-Unis au printemps 2001 et de rencontrer plus de trois cent personnes, politiques, fonctionnaires, professeurs d’universités, hommes et femmes d’entreprise dans dix neuf villes des Etats-Unis. Le sujet d’études qu’il s’était fixé était : « le Sénat fédéral américain peut-il servir de modèle à un futur Sénat européen ? ». Frédéric Mauro est actuellement Responsable de la bibliothèque du Sénat, Au terme de son voyage aux Etats-Unis, Frédéric Mauro a tiré un bref ensemble de considérations dont la portée dépasse le cadre du système politique américain et pourrait servir de base à une nouvelle classification des différents systèmes politiques.

Date de l’exposé : Le 10/01 2006 à la Maison Suger

Titre de l’exposé : Essai pour une nouvelle classification des Régimes politiques

L’acte de classer est sans doute aussi ancien que celui de penser. Cela parce que la classification est un outil intellectuel commode, une manifestation de l’intelligence. Elle permet non seulement de décrire, mais aussi de comprendre. Par sa généralité elle permet de simplifier et de niveler les aspérités du monde réel. En tant que « préjugé », elle dispense de l’analyse et réduit le temps séparant la réflexion de l’action. Elle autorise le discernement et le choix. Savoir pour pouvoir. C’est pourquoi les classifications se rencontrent dans tous les domaines de la réflexion humaine, de la recherche fondamentale jusque dans la vie quotidienne dans le but, pas toujours conscient, de gagner du temps et d’asseoir nos certitudes. La science politique comme la science juridique sont de grands pourvoyeuses et de grands utilisatrices de classifications. A tel point que l’enseignement de ces matières ressemble parfois à une longue liste de classifications, à leur histoire, leur pertinence et à la possibilité de leur en substituer de nouvelles. La classification des régimes politiques ne déroge pas à cette tradition. L’objet de cet article est précisément de proposer une nouvelle classification. Mais il semble nécessaire auparavant de préciser quelque peu la notion.

Article transcrivant l’intervention article soumis à la revue électronique http://www.espacestemps.net/documen...

Jean-Guy Meunier Jean-Guy Meunier, professeur de philosophie à l’Université du Québec à Montréal, est Directeur du Laboratoire d’Analyse Cognitive de l’Information dans cette même Université.

Date de l’exposé : Le 16 février 2006 à la Maison Suger

Titre de l’exposé : De la Singularité à la Généralité : perspectives philosophiques

http://singularites.free.fr/

La technologie cognitive de type robotique commence normalement par les intrants informationnels que lui fournissent ses multiples capteurs. Ces capteurs sont ce par quoi elle est mise en contact avec son environnement. Or tout capteur ne fournit, à chaque moment et selon son mode de fonctionnement propre, qu’une information individuelle, singulière. Si le robot doit agir dans son environnement, il ne peut pas simplement cumuler extensivement cette multitude d’expériences singulières. Il doit l’intégrer pour la rendre efficace dans son action. De quelle nature est cette intégration ? Comment lier ensemble cette myriade d’informations ?

Article transcrivant l’intervention article soumis à la revue électronique http://www.espacestemps.net/document1836.html

Laeticia Merli , ciamerli@yahoo.com Anthropologue, post-doctorante associée au Mongolia and Inner Asia Studies Unit, University of Cambridge

Date de l’exposé : Le 23 février à la Maison Suger

Titre de l’exposé : Comment montrer l’invisible ? : L’artiste, le chamane et l’anthropologue ; quelques exemples.

Cet exposé a été construit comme un atelier expérimental où les participants allaient être confrontés à leur propre interprétation, leur projection face au chamanisme et aux chamanes. Des années 1930 à l’effondrement du bloc soviétique au début des années 1990, lamas et chamanes, médiateurs indispensables aux échanges entre le monde des hommes et celui des esprits, ont été pourchassés. Les objets et lieu de culte furent confisqués ou détruits. Néanmoins, célébrées en secret les croyances sont restées vivaces. Partout sur le territoire mongol, on sacrifie à nouveau aux esprits des sources, des arbres et des ancêtres. Des extraits de films documentaire réalisés à différentes époques soulignaient tant l’évolution des méthodes d’observation propre au cinéma documentaire que la manière de percevoir les rituels chamaniques. Les derniers extraits étaient réalisés par deux chamanes qui ont mis en scène leur espace et leur vision durant leur temps de possession. Les réactions attendues des spectateurs permettent de souligner le cadre culturellement induit dans lequel l’auditoire inscrit ces pratiques ancestrales. Les mises en scène des chamanes-réalisateurs largement inspirées des codes de représentation puisées au sein de modèles esthétiques conçues et diffusées par les sponsors de la mondialisation, provoquent un malaise chez les auditeurs, malaise à partir duquel une réflexion sur les modes de représentation de l’altérité s’impose.

Barbara Glowczewski b.glowczewski@college-de-france.fr

Barbara Glowczewski est Docteur ès lettres et sciences humaines, directrice de recherche au CNRS, membre du Laboratoire d’Anthropologie sociale. Elle travaille avec les Aborigènes d’Australie depuis 1979 et dirige un programme international de collaboration avec l’Université de Melbourne et l’Université James Cook "Indigenous strategies of communication" axé sur les festivals et l’usage des NTIC. Par ailleurs, elle anime un séminaire doctoral à l’EHESS "Anthropologie des réseaux:colères globales et créations locales" qui s’appuie sur des documents audiovisuels.

Date de l’exposé : Le 4 avril 2006 à la maison Suger

Titre de l’exposé : Multimédia et anthropologie cognitive

Le multimedia peut être un outil de recherche pour interroger les processus cognitifs, explorer et mettre en valeur les fondations culturelles des autochtones qui cartographient leurs systèmes de savoirs et leur expérience du monde dans un réseau géographique et virtuel de narrations, d’images et de performances, un mode de pensée réticulaire du mythe et de la mémoire qui rejoint la structure cognitive de l’internet. Sera discutée l’expérience de réalisation d’un DVD interactif (Quête en terre aborigène), comparant quatre thèmes (Récit, danse, art, survie) dans quatre régions du centre et du nord de l’Australie à partir de films du réalisateur australien, Wayne Barker Elle nous a confié un texte, extrait de son ouvrage, Rêves en colère, publié en 2004, dans la collection Plon Terre Humaine. « C’est à force de couper, coller, et juxtaposer des images et des sons en multimédia et en film, que je me suis mise à écrire autrement sur le papier, une écriture que j’appelle réticulaire. Ma longue immersion dans les réseaux informatiques m’avait ramenée non seulement au plaisir de l’écrit, mais encore à celle de la narration qui me permit de mailler quelques lignes de pensée, d’images et de sons propulsés par le réseau des savoirs aborigènes.

Jean-François Perrot Jean-Francois.Perrot@lip6.fr Jean-François Perrot est professeur émérite de l’Université Paris 6, spécialiste en informatique des langages de programmation « par objets ».

Date de l’exposé : Le 22 Juin 2006 à la Maison Suger

Titre de l’exposé : Concepts et classes. Réflexions critiques sur la programmation par objets

Les notions fondamentales de la programmation par objets (classe, instance, héritage) présentent une analogie frappante avec le discours philosophique traditionnel qui utilise le même vocabulaire (en remplaçant "héritage" par "généralisation"). Le succès considérable de ce style de programmation invite à s’interroger sur la validité de cette analogie. On espère ainsi mettre en évidence des contraintes culturelles et des limitations propres à éclairer la pratique des informaticiens. En tant qu’informaticien, ma préoccupation est de "dire des choses" à une machine - et d’être compris d’elle, dans la mesure du possible. Cette préoccupation est à la fois individuelle (dans mon activité programmante personnelle) et collective (je cherche à faciliter la communication de mes concitoyens avec les machines). On comprend dès lors que je me range sans hésitation dans les tenants de l’hypothèse n° 5 de J.-G. Meunier, dans sa variante n° 3 : "on ne pense que dans le langage". Je suis même persuadé qu’on ne pense pas de la même manière dans des langues différentes, et j’ai de la sympathie pour les anthropologues de la différence, comme ce David Le Breton dont parle Roger-Pol Droit dans le Monde des Livres du 17/02/06, que j’ai lu peu de temps après avoir écouté le séminaire homodate. Je résous ces différences en faisant entrer en ligne de compte le but poursuivi lorsque "on pense" : la traduction "absolue" est impossible, mais elle devient possible si on assigne une finalité au texte traduit (p. ex. le texte est destiné à fonctionner comme le mode d’emploi d’un certain ustensile). L’expérience de base du programmeur est qu’il n’y pas d’énoncé singulier. J’entends par "singulier" le contraire de "général" dans "Il n’y a de science que du général". Le singulier, pris en ce sens, est justement ce qui importe dans l’action : "Ce piéton va traverser, donc ...". Un énoncé singulier comporte nécessairement une deixis, une forme syntaxique qui le relie à son référent, qui justement singularise l’énoncé. Car l’énoncé pris en lui-même hors du contexte énonciatif, est désespérément général : "Ce piéton..." Quel piéton ? C’est bien là le malheur du programmeur, de ne pas pouvoir dire "Ce piéton...". En effet, avec la machine on ne peut pas tricher : l’énoncé qu’on lui communique est irrémédiablement dépouillé de tout contexte susceptible de lui donner et singularité et sens. L’arbitraire de l’interprétation saute aux yeux de celui qui écrit l’interprète. La notion de constante postulée par les logiciens n’a pas cours (sauf dans le mécanisme interprétatif) et le prétendu singulier "Socrate est homme" est indistinguable du général "x est homme". Il ne s’agit pas là de science, de connaissance, mais bien d’énoncé langagier, dégagé du substrat matériel qui lui a donné naissance. Le programmeur se heurte à l’incapacité du langage à exprimer la singularité. C’est ainsi, pour ma part, que je lis le "Coup de dés" de Mallarmé : le poète proclame son échec à écrire un coup de dés singulier. Revenons au séminaire. Son sujet touche de très près une préoccupation majeure de l’intelligence artificielle, celle du passage du "numérique" au "symbolique". " Le numérique", ce sont les tableaux de nombres issus de diverses sources, notamment de capteurs physiques. " Le symbolique", ce sont des énoncés à caractère langagier interprétés comme tels. Le passage de l’un à l’autre a été étudié en particulier sous l’aspect de l’"apprentissage de concepts" et d’autre part, bien entendu, dans le contexte robotique. Je suis pour ma part fort ignorant de ces questions, mais il y a au LIP6 d’éminents spécialistes qu’il serait utile de consulter pour avoir un état de l’art. Il importe d’avoir une attitude critique pour ne pas se laisser tromper par les discours "vendeurs", trop fréquents dans notre discipline, qui tiennent au "client" le discours qu’il a envie d’entendre. Or, comme je l’ai souligné autrefois, nous avons un ardent désir d’entendre parler de "général" et de "particulier"...