Partenaires

CNRS Ecole pratique des hautes études
Université Paris 1 Université d'Aix-Marseille



Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site > La recherche > Séminaires et ateliers > Séminaires terminés : archives des programmes > Pouvoirs sacrés africains : retour sur une ressource politique universelle

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

Lire la suite


Pouvoirs sacrés africains : retour sur une ressource politique universelle

Organisé par Christine Henry (Cemaf-Ivry), Gilles Holder (Cemaf-Aix) et Henri Médard (Cemaf-Paris)

Séminaire mensuel, le mardi de 11h30 à 13h30
CEMAf-Paris / Centre Malher, 9 rue Malher 75004 Paris / 2e étage salle Person

Programme 2007-2008

- 20/11/2007 : Christine Henry (Cemaf-Ivry), Gilles Holder (Cemaf-Aix) et Henri Médard (Cemaf-Paris), Séance introductive

- 18/12/2007

- 11/03/2008

- 15/04/2008

- 13/05/2008

Lorsqu’on se penche sur l’importante littérature consacrée à la royauté en Afrique, on se retrouve vite confronté à une série d’épithètes comme « roi divin », « roi magicien », « roi prêtre », « reine de pluie », « roi de paix », « roi sacré »..., qui oblige d’emblée à rompre avec toute référence au monde européen. Si le roi de France fut parfois « de droit divin » ou si, comme le dit Shakespeare, « il y a tant de divin autour d’un roi », on n’entend pourtant jamais parler de « roi divin » à son égard ; tout au plus dit-on quelquefois de lui qu’il est un « divin roi », mais ce n’est là que flatteries de courtisans. De même, si le roi d’Angleterre accomplit des miracles et guérit, on préfère le définir en « thaumaturge » ou en « mystique », plutôt que de le présenter comme un « roi magicien », étant sans doute entendu que le Mystère de Dieu est autre chose qu’une vulgaire superstition. Et si le sacre anglais ou français, à travers le rite de l’onction, est décrit comme la condition majeure de la légitimité royale qui élève le dignitaire au rang de quasi-prêtre, il ne viendrait pourtant à la plume de personne d’écrire qu’il s’agit-là d’un « roi prêtre », ni même de définir ces royautés européennes comme des « royautés sacrées ».

D’où vient donc ce traitement différencié à l’égard des royautés africaines, qui se retrouvent ainsi classées aux cotés des royautés antiques, « pré-modernes », voire « primitives » ? Aurait-on à faire ici à un pouvoir royal de nature particulière qui serait propre au continent noir, ou s’agirait-il du résultat d’une catégorisation des sciences de l’homme, l’histoire et l’anthropologie en tête, qui maintiendrait une altérité radicale ?

Sans rejeter d’emblée l’idée qu’il existerait des différences entre royautés africaines et européennes - qui tiennent d’ailleurs en partie au partage disciplinaire entre anthropologie et histoire -, ce séminaire s’efforcera de montrer que la sacralité royale est bel et bien un objet historique, en Afrique comme ailleurs. Parallèlement, il s’agira de ne pas non plus perdre de vue que la sacralisation est aussi une opération symbolique qui consiste, notamment, à faire la preuve que le détenteur du pouvoir suprême n’est pas soumis aux contingences du temps qui régissent le commun des mortels.

En interrogeant les pouvoirs sacrés africains, en historicisant leur genèse, en réintroduisant les multiples énoncés contextuels et discursifs, on veillera à ne pas réifier une rupture épistémologique entre monarchies anciennes et États modernes. Ce séminaire s’attachera au contraire à saisir la permanence de cette ressource politique qu’est la sacralité, ses effets de retour, ses enjeux de mémoire, son inventivité et sa modernité. Enfin, on s’efforcera de ne pas se cantonner au seul champ de la royauté, pour envisager d’autres formes de pouvoirs qui recourent à la sacralité en Afrique et les métamorphoses contemporaines du politique.

Dans la même rubrique :