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Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Valorisation et mise en scène des patrimoines locaux

Marie-Christine Cormier-Salem (géographe, IRD), Dominique Juhé-Beaulaton (historienne, CNRS), Bernard Roussel (ethnobotaniste, MNHN), Charles Edouard de Suremain (IRD)

1 séance mensuelle, de novembre à juin

Lieu : Muséum National d’Histoire Naturelle

Horaire : de 14h30 à 17h

Ce séminaire, après avoir exploré les processus de construction des patrimoines naturels dans les pays du Sud, propose maintenant de mettre plus particulièrement l’accent sur les nouvelles formes de valorisation des patrimoines, tant naturels que culturels.

Le séminaire s’intéressera aux recompositions sociales, aux réorganisations spatiales et institutionnelles, aux problèmes de conservation de la diversité biologique et culturelle, de transmission des savoirs et savoir-faire locaux face à la valorisation et la mise en scène des patrimoines locaux dans des contextes écologiques, politiques, économiques et sociaux en mutation rapide ou sur la longue durée. Les interventions s’attacheront à décrire et analyser le jeu des acteurs, leurs actions et leurs discours dans les processus de validation et de mise en scène des objets patrimoniaux qui se rapportent aux territoires, aux ressources, aux savoirs et aux savoir-faire. Les analyses interrogeront aussi les stratégies qu’ils recouvrent. Une attention particulière sera accordée aux choix effectués par les communautés lorsqu’elles donnent à voir leur culture, leur histoire ou leur cadre de vie (notamment dans une perspective de valorisation touristique). Les opérations de muséologie qui présentent souvent une interface plus institutionnelle ainsi que les instrumentalisations marchandes ou politiques du patrimoine - de la quête de l’identitaire à la construction nationale - seront aussi étudiées sous l’angle du local. Les approches pluridisciplinaires, associant en particuliers les sciences humaines et sociales aux sciences de la nature, seront privilégiées et permettront par exemple de mieux saisir les enjeux identitaires dans le cadre d’échanges globalisés et dans des situations de conflits d’accès et d’usage.

Calendrier 2009-2010

Séances prévues les : 18.11.09 ; 11.12.09 ; 14.01.10 ; 18.02.10 ; 18.03.10 ; 15.04.10 ; 20.05.10 ; 17.06.10

_18 novembre 09 : Frédéric Thomas (Historien IRD) : Gouvernance marchande des indications géographiques et attachement au territoire.

_11 décembre 09 : Alexandre Hatungimana (Historien, université du Burundi) : Nouvelles plantes et nouvelles pratiques sociales : exemple du café en Afrique orientale.

_14 janvier 2010 : Pierre Gautreau : Portée idéologique de la « surévaluation » des forêts au détriment des savanes.

_18 février 2010 : Valérie Boisvert (Economiste IRD) : Du patrimoine aux marchandises : l’économie de la biodiversité en perspective

_18 mars 2010 : Anne-Gaël Bilhaut (Ethnologue) : La production du patrimoine chez lez Zapara d’Equateur : des rêves au territoire.

_15 avril 2010 : Raul Matta : La valorisation de la gastronomie péruvienne. Analyse de l’émergence d’un objet patrimonial.


20 mai 2010
 : Eric GARINE (Ethnologue, Université Paris X) : Diversité des plantes cultivées dans le bassin du lac Tchad : de qui peuvent-elles être le patrimoine ?

17 juin : Yildiz Aumeeruddy-Thomas (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, UMR 5175, Montpellier) : Savoirs locaux et conservation de la biodiversité : mode d’engagement autour des savoirs, des patrimoines et des territoires.

Cette présentation examine une diversité de situations comprenant des aires protégées strictes (où les activités humaines sont interdites), des parcs et des réserves intégrant des activités humaines, des corridors écologiques et des réseaux de biodiversité ( ex : natura 2000) situés en dehors des aires protégées qui intègrent les activités agricoles. Des exemples seront pris de nos travaux en Indonésie, au Pakistan, au Népal, en France et à Madagascar. Nous nous appuyons également sur la littérature disponible.

Nous discutons les différents modes d’engagements autour des pratiques et des savoirs locaux sur la base des histoires nationales et des sites considérés. Ceci nous amène à interroger les façons dont ces modes d’engagement dissocient divers types de patrimoines ayant des sens différents pour des acteurs en présence ou se recomposent pour prendre un sens partagé. Nous discutons également des mécanismes (outils, enjeux de pouvoir) qui opèrent sur ces modes d’engagement. Finalement nous examinons dans quelle mesure les savoirs locaux, scientifiques et de gestionnaires se lient à des territoires différenciés ou communs dans le cadre de formes de gestion concrète de la biodiversité.

lieu : Muséum National d’Histoire Naturelle / Grand amphi d’entomologie / 45 rue Buffon / Paris 5e / M° Gare d’Austerlitz

Résumés

Frédéric Thomas : Gouvernance marchande des indications géographiques et attachement au territoire.

La communication abordera plusieurs études de cas de produits vietnamiens protégés par leur origine géographique (Nuôc Mam de Phu Quôc, Thé Shan de Môc Chau, riz parfumé Tam Xoan de Hai Hau, la banane royale de Dai Hoang et le riz gluant Nêp Cai Hoa Vang de Hai Duong) emblématiques à la fois de l’évolution des réglementations Vietnamiennes en matière de protection de produits agricoles et de denrée alimentaire par leur origine géographique, et des pratiques des acteurs locaux pour revaloriser des variétés traditionnelles et des produits régionaux.

Elle se focalisera, premièrement, sur la manière dont différentes sources juridiques sur les AO et les IG (règlements européens 2081/92 puis 510/2006, la section 3 des accords ADPIC) ont dessiné dans les règlements successifs vietnamiens différents *protocoles d’apport de la preuve du lien entre la réputation, la qualité ou les caractères du produit et son origine géographique*. On montrera que l’administration de la preuve de la dépendance des qualités du produit à son origine géographique (humaine et naturel) se fait de moins en moins au moyen d’une démonstration systémique et multifactorielle des liens complexes entre un produit, une culture et un substrat “naturel”, et de plus en plus par le recours à une démonstration, que nous qualifieront de réductionniste, à partir de tests de laboratoire qu’un pays comme le Vietnam a souvent du mal à remplir pleinement. Nous introduirons l’idée que la preuve du lien entre le produit et son origine géographique repose en fait sur trois bases que les différentes réglementations nationales et internationales combinent différemment selon les cas : la « *base systémique qualité-territoire* », la « *base réductionniste qualité-territoire* », et la « *base réputation* ».

La deuxième partie examinera quels sont les effets de ces normes juridiques et de ces différents protocoles d’administration de la preuve sur les pratiques des chercheurs et des producteurs vietnamiens au moment de l’enregistrement d’un produit. On insistera particulièrement sur la mise en place systématique de travaux de “*régénération des variétés traditionnelles*” qui sont en fait des cycles de *sélection généalogique* pour *fixer le phénotype des variétés traditionnelles*. Le but est de mieux construire l’identité commerciale du produit et de mieux répondre aux exigences des nouvelles réglementation en terme d’apport de la preuve du lien entre une qualité « déterminée » au moins et une condition géographique déterminée par les mêmes normes de laboratoire. Après avoir rappeler que ce travail, qui consiste à transformer les variétés traditionnelles en un type variétal se rapprochant de la lignée-pure, rend l’expression du génotype de la variété ainsi régénérée indépendant des conditions de culture, on montrera que c’est donc le plus sur moyen de *détacher les qualités du produit des conditions géographique d’origine*, ce qui risque de fragiliser la protection des produits par leur origine géographique

Résumé de Pierre Gautreau :

Les campos sud-américains associent une matrice dominante de formations herbacées à des formations forestières marginales (galeries forestières et îlots boisés), sur un espace à cheval entre l’est argentin, l’Uruguay et le sud du Brésil. Cette vaste zone de transition entre une pampa tempérée au sud et des forêts subtropicales au nord connaît depuis environ vingt ans un processus rapide d’intensification des usages agraires, l’élevage extensif reculant fortement au profit d ?une agriculture pionnière (soja, riz), de la sylviculture (pins et eucalyptus) ou de la diffusion des prairies plantées. Ce recul marqué de formations herbacées rares à échelle mondiale n’est pas accompagné d’un mouvement les patrimonialisant, alors même que les trois pays concernés développent des systèmes de conservation environnementale, mais qui concernent d’autres types d’écosystèmes. En particulier, ce sont les forêts qui bénéficient des principales mesures de protection. Cette intervention propose une analyse géohistorique de l’invisibilisation sociale de formations herbacées ayant pourtant constitué le support fondamental du développement des sociétés du Río de la Plata. Trois thèmes seront principalement abordés : le rôle des conflits locaux de gestion des ressources, du XVIIIe siècle à nos jour, dans l’élaboration de « récits de crise » forestiers fondateurs des représentations sociales de l’environnement régional ; les modes d ?élaboration scientifique de la particularité des paysages de campos, et leur influence sur les politiques de gestion environnementale actuelle ; l’irruption des multinationales agraires comme nouveau producteur de « savoirs environnementaux » sur les campos dans les années 2000. L’ambition de cette présentation est de fournir des pistes de réflexions sur les méthodes permettant d ?aborder et comprendre les transformations récentes des représentations sociales de l ?environnement dans des espaces du « sud », situés aux marges des points focaux de la conservation écologique mondiale et soumis à de rapides et profondes mutations des agrosystèmes.

Raul Matta : La valorisation de la gastronomie péruvienne. Analyse de l’émergence d’un objet patrimonial.

Résumé : Les manifestations orales des Zapara ont été proclamées Chef d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel du l’humanité en 2001 par l’Unesco. Appelée également « reconnaissance » par les Indiens, cette proclamation salue le travail que menaient déjà les Zapara d’Equateur au sein de leurs communautés pour transmettre la langue. Dans cette présentation, nous analyserons ce qu’est le patrimoine (« patrimonio ») pour les Zapara, et essaierons de comprendre comment, en dépit d’un manque de ressources, ils le construisent. Nous nous intéresserons en particulier à la question territoriale et aux frontières (géopolitiques et intercontinentales) dans la construction du patrimoine.

Calendrier 2008-2009

- Mardi 09 décembre au MNHN – 14H30 à 17H00
Grand Amphithéâtre du laboratoire d’entomologie » (à droite en entrant). Situé 45 rue Buffon – Paris 5ème - Métro Gare d’Austerlitz.

Aurélie CARMIENTRAND : Les enjeux de la certification biologique et équitable du quinoa (Chenopodium Quinoa Willd.) du consommateur au producteur

- Mardi 13 janvier 2009 – 14H30 à 17H00 (Grand Amphithéâtre du laboratoire d’entomologie)

Jean-Pierre Warnier : Le patrimoine, du discours de Jean-Baptiste Mathieu (1793) aux biens inaliénables de Annette Weiner

- Mardi 10 février 2009 (Salle Chevalier – Ilot Poliveau)

G. Filoche : Peuples autochtones d’Amazonie et politiques d’environnement

- Mardi 10 mars 2009 ( Amphithéâtre Rouelle, situé dans le bâtiment La Baleine – Paris 5ème - Métro Jussieu.

Marie-Noëlle de VISSCHER et Aurélie BINOT : Partager des connaissances pour gérer une aire protégée

- Mardi 07 avril 2009 : séminaire annnulé

-  Mardi 12 mai 2009 (Bibliothèque de Biophysique, 43 rue Cuvier – 1er étage - Paris 5ème - Métro Jussieu)

Ramon Sarró et Marina P. Temudo : Logiques techniques, logiques prophétiques ; comment les Balanta domestiquent la modernité

- - Mardi 19 juin 2009

Yvan Droz : le paysage en Suisse et les conflits entre la protection d’un paysage et la production d’énergie éolienne.09 juin 2009 (lieu à préciser)

Pour tout renseignement – Contact : Ludivine Goisbault – goisbault@mnhn.fr - Tél : 01.40.79.36.70

Aurélie CARMIENTRAND

Résumé L’intervention du 9 décembre reprend les principaux résultats de ma thèse soutenue en septembre 2008. La thèse analyse les enjeux de la certification biologique et équitable du quinoa au niveau des différents échelons de la filière. Elle fait apparaître que les signes de qualité biologique et équitable (et leur combinaison) représentent des instruments imparfaits pour les pratiques de buycott des produits éthiques. Ces signes de qualité constituent surtout des actifs spécifiques et stratégiques. Leurs processus de construction et de gestion déterminent les formes de gouvernance de la filière.

Dans ces conditions, la thèse montre que la durabilité sociale et écologique de la filière n’est pas la conséquence immédiate de la mise en place des signes de qualité biologique et équitable. Cette durabilité découle essentiellement des formes locales d’articulation entre les systèmes de production agricole, les systèmes agraires et les systèmes de moyens d’existence en milieu rural.

Au-delà de ce résultat, - qui s’applique au quinoa mais paraît présenter un potentiel de généralisation à d’autres filières -, la comparaison entre le cas du Pérou et celui de la Bolivie permet de relativiser la portée de la combinaison entre les processus de qualification biologique et équitable.

Jean-Pierre Warnier : Le patrimoine, du discours de Jean-Baptiste Mathieu (1793) aux biens inaliénables de Annette Weiner

Résumé

Dans le paysage intellectuel contemporain, les réflexions sur le patrimoine culturel peuvent s’inspirer de deux sources tout à fait distinctes. D’un côté, il y a l’histoire de la construction de la notion de patrimoine culturel telle que la définit l’Unesco, et qui trouve ses origines dans l’épisode révolutionnaire français, l’héritage romantique, les discours de Jean-Baptiste Mathieu et de l’Abbé Grégoire, la fondation des dépôts lapidaires, Mérimée, l’inventaire, Malraux, etc. Tout cela est en général bien connu. D’un autre côté, et de manière totalement indépendante, on trouve les analyses de Annette Weiner sur la distinction, dans toutes les sociétés, entre les biens inaliénables et les biens aliénables. Cette distinction est calquée sur la distinction entre filiation et alliance. Elle procède à une critique fondamentale du structuralisme et du « tout circulationnel » et communicationnel des années 1940 à 1990. Il y a une tension entre ces deux notions, car si la notion de patrimoine de l’Unesco intègre la notion d’inaliénabilité, elle est intimement liée à des pratiques de « valorisation » et donc de marchandisation qui contredisent l’inaliénabilité ou plutôt la précipitent dans le paradoxe.

Marie-Noëlle de VISSCHER et Aurélie BINOT : Partager des connaissances pour gérer une aire protégée

Résumé :

En se basant sur l’expérience de deux programmes d’appui à des aires protégées africaines, les présentations à ce séminaire porteront sur les appropriations mutuelles des savoirs et perceptions des gestionnaires, des chercheurs et des populations en périphérie, dans les décisions de gestion.

Dans le cas du programme Ecopas en appui au parc régional W (Niger, Bénin, Burkina Faso), on s’intéressera plus particulièrement aux interactions gestionnaires-chercheurs et aux conditions permettant de bâtir une vision partagée du patrimoine à conserver.

De son côté le projet Curess en appui au Parc national de Zakouma (Tchad) permet d’analyser le décalage entre le discours patrimonialisant des projets de conservation qui présente l’aire protégée comme un bien public à partager et d’autre part des pratiques de gestion qui laissent encore trop peu de place aux perceptions et stratégies des populations locales et ce en dépit de résultats d’études sociales menées en amont ou en parallèle.

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