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Accueil du site > La recherche > Séminaires et ateliers > Séminaires terminés : archives des programmes > Séminaire des doctorants du CEMAf : Savoirs et colonisation

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Séminaire des doctorants du CEMAf : Savoirs et colonisation

Mardi 16 décembre 2008 / 17h-19h

CEMAf-Paris / Centre Malher / 9 rue Malher 75004

Savoirs et colonisation

Coordonné par R. Seignobos

- Colonisation et savoirs : l’exemple de Muhammad Kurd `Ali (1876-1953), un savant syrien au cœur des rivalités coloniales
Kaïs Ezzerelli

A partir des travaux de l’école doctorale « colonisation et savoirs à l’époque contemporaine », organisée à Madrid par la Casa de Vélazquez et l’École française de Rome les 24-28 juin derniers, cette communication proposera une réflexion autour de trois axes :

  • des savoirs instrumentalisés, ou mis au service de l’entreprise coloniale.
  • la contribution des savoirs scientifiques à l’élaboration d’une idéologie coloniale.
  • les représentations scientifiques des sociétés colonisées et leur réception par les élites indigènes.

L’homme de lettres syrien Muhammad Kurd `Ali, objet de mes recherches doctorales, sera pris pour exemple : sa carrière de journaliste, de ministre de l’Instruction publique et de président de l’Académie arabe de Damas, qui s’est étendue de la fin de la période ottomane aux débuts de la Syrie indépendante, fut en effet marquée par ses relations complexes avec les ressortissants des puissances européennes, orientalistes et/ou diplomates. Tantôt critiqués, tantôt pris pour modèles par des savants comme Kurd `Ali, ces acteurs furent bien souvent les agents privilégiés de l’influence culturelle de leurs pays, comprenant l’intérêt que représentaient les élites musulmanes cultivées dans les stratégies de conquête coloniale en Syrie, au cours des premières décennies du XXe siècle : en effet, suite aux leçons tirées des expériences maghrébines, il s’agissait non plus seulement de conquérir la région militairement, mais de conquérir les esprits et les cœurs. Je m’intéresserai particulièrement aux modalités de cette influence culturelle (à travers la question du transfert des savoirs en situation coloniale) et aux interactions entre savants et politiques, coloniaux et colonisés. Cette communication est envisagée comme un point de départ pour une discussion collective sur ce thème, afin de multiplier les comparaisons entre les différentes situations coloniales, selon les périodes et les régions.

- Transmission et réutilisation des savoirs coloniaux Biafra : le choix d’un nom
Vincent Hiribarren

En 1967, la région Est du Nigeria déclare son indépendance. Elle prend le nom de Biafra, officiellement d’après le nom de la baie du Biafra. Un conflit de deux ans et demi s’ensuit provoquant la mort de plus d’un million de personnes. Quelle est l’origine du nom « Biafra » ? Pourquoi choisir un nom d’origine coloniale pour désigner un pays nouvellement indépendant ? Tout repose donc dans la question du choix onomastique. La cartographie coloniale peut nous renseigner dans un premier temps. Cependant, la transmission des savoirs coloniaux et dans le cas présent de l’onomastique coloniale est aussi révélateur d’un processus de légitimation du Biafra. Cette discussion tout comme celle de Kaïs Ezzerelli sur Muhammad Kurd `Alī est envisagée comme un point de départ pour une comparaison sur la transmission et la réutilisation des savoirs coloniaux.

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