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Accueil du site > La recherche > Séminaires et ateliers > Séminaires terminés : archives des programmes > Esclaves et dépendances personnelles en Afrique orientale (XVe-XXe siècle)

Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Esclaves et dépendances personnelles en Afrique orientale (XVe-XXe siècle)

Organisé par Henri Médard, Franck Raimbault et Thomas Vernet (CEMAf-Paris)

Séminaire mensuel, le mardi de 17h30 à 19h30
CEMAf-Paris / Centre Malher, 9 rue Malher 75004 Paris
Salle Person

Programme

- 9 Octobre 2007
Thomas Vernet, Henri Médard, Franck Raimbault : Présentation du Séminaire
Marie Pierre Ballarin (IRD) : Une communauté d’esclaves libérés aujourd’hui : Rabai (Kénya)

- Lundi 12 novembre (14h-18h, salle 107)
Henri Médard, Jan Georg Deutsch (Université d’Oxford), Benedetta Rossi Germani (Université de Liverpool) : Esclavage ancien, esclavage colonial, héritages contemporains : Autour d’ouvrages et de recherches récentes sur l’esclavage [Henri Médard & Shane Doyle (Editeurs), Slavery in the Great Lakes Region of East Africa. Oxford, James Currey, 2007 ; Deutsch, Jan Georg, Emancipation without abolition in German east Africa (c.1884-1914), Oxford, James Currey, 2006]

- Mardi 11 décembre 2007
Eric Vallet (MCF, Paris 1). Les esclaves dans les archives du sultanat rasûlide du Yémen (XIIIe-XVe siècles)

- Janvier Février interruption des séminaires

- Mars (à la fin du mois)
Jean Pierre Chrétien (CNRS), La traite du lac Tanganyika (XIXe siécle)

- Avril
Samuel Sanchez (Paris VII) : Pouvoir colonial et réseaux de traite esclavagiste à Nosy Be, Madagascar : 1839-1896

- Mardi 13 Mai 2007
Audrey Carotenudo (Université de Provence) : Approche des résistances serviles dans l’océan Indien : les reconstructions identitaires (XVIIIe-XIXe siècle)

Présentation

Le séminaire « Esclavages et dépendances personnelles en Afrique orientale » est désormais associé au séminaire « Les traites, XIVe-XXe siècle » animé par Antonio de Almeida Mendes, Jean-Michel Deveau et Salah Trabelsi, dans le cadre du Centre International de Recherches sur les Esclavages (GDRI du CNRS).
Les séances auront lieu le deuxième mercredi de chaque mois (17 h-19 h) à l’EHESS, 105 bd Raspail, Paris 6e.

La traite et plus encore l’esclavage dans un sens large sont beaucoup moins étudiés en Afrique orientale que dans le monde atlantique. Par Afrique orientale nous comprenons ici l’aire géographique allant du Mozambique jusqu’à la Corne et incluant les franges du Congo et du Soudan. La mer Rouge, espace complémentaire ou concurrent de l’Océan indien selon la période, est naturellement comprise dans notre aire de recherche. Nous nous intéressons donc aux relations entre l’intérieur et les rivages africains et à celles de l’Afrique et Madagascar avec les rivages indiens, arabes, persans et les Mascareignes. S’il ne faut évidemment pas plaquer sur l’Océan indien les phénomènes observés dans le monde atlantique, il serait aussi ridicule de ne pas tirer partie de l’immense travail effectué à l’ouest pour éclairer ce qui se passe à l’est.

Il est impossible de séparer étude de la traite et esclavage et il est impossible de séparer l’esclave d’autres dépendants et de son contraire, l’homme libre. La production historique concernant ces thèmes est très inégalement répartie. Il existe une littérature importante sur l’esclavage, la traite et le monde swahili au XIXe siècle. Depuis une vingtaine d’années, s’est développée une littérature plus modeste concernant le XIXe siècle à Madagascar. Une littérature non négligeable existe également concernant l’île Maurice et la Réunion mais surtout pour le XIXe siècle (notons l’exception récente de Meghan Vaughan sur Maurice au XVIIIe siècle) et dans une moindre mesure sur l’Afrique du Sud.

La rupture, l’absence de communication entre les différentes aires géographiques et entre le monde anglophone et le monde francophone sont particulièrement sensibles. Les spécialistes du monde swahili ignorent généralement tout de la littérature sur Madagascar en français (Edward Alpers est une exception notable). Les universitaires de la Réunion ne connaissent que rarement la littérature générale sur l’esclavage en anglais (Hubert Gerbeau est une exception). Nous désirons allez ici au-delà de ces barrières linguistiques et insister aussi sur des sources dans des langues sous-exploitées comme le préconisait déjà Clarence Gervase Smith en 1989 : le français, l’allemand et le portugais pour l’Afrique de l’Est, l’amharique et le geez pour la corne de l’Afrique.

Depuis les années 1970 (Alpers, Roberts, Renault), on sait qu’il existe non pas un grand réseau de traite mais de nombreuses sous-régions plus ou moins bien connectées entre elles. Mais il faut attendre les années 2000 pour que l’on en tire des conséquences (Deutsch). La corne de l’Afrique, la côte swahili, Madagascar, la colonie du Cap, le Soudan égyptien, les hinterland nyamwezi, kamba, portugais et yao, l’Afrique des Grands lacs, le bassin du Congo sont plus ou moins interconnectés mais ont des logiques internes qui leur sont propres.

Ce séminaire a pour objectif d’étudier l’esclavage d’aussi loin que les sources le permettent et de remonter jusqu’au XXe siècle. Il faut suivre les leçons de Frederick Cooper en ce qui concerne Mombasa et Malindi. En évitant si possible de commettre l’erreur si commune de penser que l’esclavage disparaît avec son abolition coloniale par un coup de baguette magique, nous nous pencherons sur la manière dont l’esclavage apparaît et disparaît. Que deviennent les esclaves libérés et leurs descendants ? Comment leur travail et les autres fonctions qu’ils occupent sont-ils remplacés dans les sociétés africaines ? Les récents travaux sur la culture urbaine et l’esclavage à Zanzibar durant la colonisation britannique pourraient être mis en parallèle avec Dar es Salaam sous l’occupation allemande. Il faut aussi réfléchir à la mémoire et à l’héritage de l’esclavage, enjeu qui peut devenir très important dans le monde contemporain, et également aux résurgences aujourd’hui de pratiques qui rappellent celles du XIXe siècle : les enlèvements de jeunes gens en Ouganda, au Congo et au Soudan pour en faire des enfants soldats ou leurs concubines.

Bibliographie indicative

- C. Meillassoux, 1975, L’esclavage en Afrique précoloniale, Paris.
- O. Pétré-Grenouilleau, 2004, Les traites négrières. Essai d’histoire globale. Paris.
- S. Miers, I. Kopitoff, 1977, Slavery in Africa, Madison. 1977
- F. Cooper, 1977, Plantation Slavery on the East Coast of Africa, New Haven.
- M. Wright, 1993, Strategies of Slaves and Women. Life-Stories from East/Central Africa, New York.

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