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Création de l’Institut des mondes africains (IMAF)

L’Institut des mondes africains (IMAF) a été créé au 1er janvier 2014, par la fusion de trois laboratoires : le Centre d’études des mondes africains (CEMAf), le Centre d’études africaines (CEAf) et le Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen (CHSIM).
Le site internet de l’IMAF prend le relai de celui du CEMAf, qui n’est plus mis à jour.

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Gestion des ressources naturelles et patrimoines locaux

Organisé par M.-C. Cormier-Salem (IRD/MNHN), D. Juhé-Beaulaton (CEMAf-Paris), P. de Robert (IRD/CRBC), B. Roussel (MNHN)

1 séance mensuelle, de novembre à juin, prochaine séance : novembre 2008
Lieu à préciser

Présentation

Ce séminaire propose d’explorer, sur la longue durée, les liens entre gestion des ressources naturelles et construction (et déconstruction) des patrimoines locaux dans les pays du Sud. L’accent sera mis sur les savoirs et savoir-faire traditionnels mais aussi les nouvelles formes de valorisation de ces patrimoines, tant naturels que culturels. On s’intéressera notamment aux transformations des systèmes d’exploitation (représentations, techniques, pratiques, institutions) face aux changements des environnements, passés et en cours. Il s’agira d’étudier les recompositions sociales et les ré-organisations spatiales et institutionnelles dans des contextes écologiques, politiques, économiques et sociaux en mutation rapide. Les relations qui unissent les espaces (de production ou d’extraction), les ressources naturelles, leur transformation et leur commercialisation feront l’objet d’analyses poussées et les notions de terroir et de territoire seront au centre des réflexions. Enfin, on discutera des effets des politiques publiques en termes de conservation de la biodiversité sur les dynamiques locales, ou encore de l’instrumentalisation marchande du « local » et de la mise en scène des patrimoines. Une approche pluridisciplinaire, associant sciences humaines et sociales et sciences de la nature, sera privilégiée pour mieux comprendre les enjeux identitaires face aux apports extérieurs, dans le cadre d’échanges globalisés et dans des situations de conflits d’accès et d’usage.

Programme 2008-2009 sera défini en septembre

Programme 2007-2008

- 27/11/07
Tarik DAHOU (politologue, IRD) : mobilité et gestion des ressources naturelles dans l’aire marine protégée du delta du saloum (Sénégal)

- 18/12/07
Tatiana Fougal (ethnologue, USM 105, département « Hommes, natures et sociétés », MNHN, chargée des collections d’Afrique du Nord (Musée de l’Homme) : La production vannière dans le Sahara

Damien Davy (Docteur en ethnologie et ethnobotanique, IRD d’Orléans) : Artisanat de vannerie : Ressources, acteurs et modes de production. Cas de la Guyane française.

- 22/01/08
Sophie MOREAU (géographe, Univ. Marne-la-Vallée) : Des nouveaux usages du café à Madagascar, ou, « Le kafe, après la fin du café »

- 19/02/08
Denis SAUTIER (CIRAD) :Les enjeux des Indications Géographiques dans les pays en développement Démarches et expériences pour la valorisation des dimensions territoriales dans la qualité des produits

- 20/03/08
Dominique GUILLAUD (géographe, IRD) : l’île de Nias et la transformation de l’écosystème, la compétition sociale et spatiale et le mégalithisme qui traduit cette compétition

- 15/04/08
Francisco VALDEZ : Valorisation du patrimoine au profit des populations marginales

- 20/05/08
Eglee LOPEZ : Projet Jardin / conservation AGBD/ Ethnocartographie et droit foncier des Indiens d’Amazonie vénézuélienne

- jeudi 19/06/08
Tamara GILES-VERNICK (historienne , University of Minnesota) : Evolution des savoirs naturels locaux au cours du XXe siècle et leur prise en compte dans les actions de conservation de l’environnement dans le bassin de la rivière Sangha en Afrique centrale

Bibliographie indicative

- Blanc-Pamard C., (1991) "Lecture du paysage, une proposition méthodologique". In Richard J.F. La dégradation des paysages en Afrique de l’Ouest. Dakar. pp. 269-280.
- Blanc-Pamard Chantal et Cambrézy Luc, 1995, Terre, terroir, territoire, Bondy, ORSTOM ; Centre d’études africaines, CNRS-EHESS, Paris.
- Chastanet, Monique (ed.) - 1998 - Plantes et paysages d’Afrique : une histoire à explorer, Paris, Karthala-Centre de Recherches Africaines, 587 p.
- Chastanet M., Fauvelle F.X. & Juhé-Beaulaton D. (ed.), 2002, Cuisine et société en Afrique, histoire, saveurs, savoir-faire, Paris, Karthala, 291 p.
- Chrétien J.P., (1983) Histoire rurale de l’Afrique des grands lacs. Guide de recherche. Paris ; 285 p.
- Cochet Hubert, 2001, Crises et révolutions agricoles au Burundi, préf. de Paul Pélissier et Jean-Pierre Raison, Paris INAPG, Collection Économie et développement 468 p.
- Cormier-Salem M.-C., Juhé-Beaulaton D., Boutrais J. & Roussel B. (ed.), 2002, Patrimonialiser la nature tropicale. Dynamiques locales, enjeux internationaux. Paris, IRD, collection “ Colloques et séminaires ”, 467 p.
- Cormier-Salem M.-C., Juhé-Beaulaton D., Boutrais J. & Roussel B. (ed.), 2005, Patrimoines naturels au Sud. Des conflits fonciers à la valorisation des savoirs locaux. Paris, IRD, collection “ Colloques et séminaires ”. 550 p.
- Fairhead, James ; Leach, Melissa, 1996, Representatives of the past : trees in historical discourse and socialised ecology in the Republic of Guinea In : L. Rival (ed), The Social Life of Trees. London : Routledge.

Programme 2006-2007

- 9 novembre
Anne Luxereau (ethnologue, CNRS) : Les à-côtés des mils au Niger central

- 7 décembre
Eric Jolly (ethnologue, Cemaf ) : la production de bière de mil au Mali

- 11 janvier
Marie Fleury (ethnobotaniste, MNHN) : le "bagage" africain dans l’alimentation et la pharmacopée des Noirs marrons de Guyane française

- 15 février
Sophie Caillon (géographe ATER MNHN) : Des sentiers aux cocoteraies. Itinéraires d’un « arbre » singulier, le cocotier (Cocos nucifera L.)

- 15 mars
Paul Richards (Professor of Technology & Agrarian Development in Wageningen University, The Netehrlands) : Thinking about and working with African Rice

- 26 avril
Charles-Edouard de Suremain

- 10 mai
Laure Emperaire (ethnobotaniste, IRD/MNHN) : histoires de plantes, histoires de vie

Résumés des interventions

Tamara GILES-VERNICK (historienne , University of Minnesota) : Evolution des savoirs naturels locaux au cours du XXe siècle et leur prise en compte dans les actions de conservation de l’environnement dans le bassin de la rivière Sangha en Afrique centrale

_Résumé _L’intervention portera sur l’évolution des perceptions et des savoirs sur leur environnement du peuple Mpiemu vivant dans la forêt tropicale humide en République centrafricaine (Bassin de la rivière Sangha) en étudiant particulièrement leurs liens au territoire et à l’environnement. La prise en compte des perceptions africaines locales de leur environnement et de leur histoire permet de remettre en cause l’écriture de l’histoire environnementale et les décisions prises par des décideurs et des défenseurs de l’environnement. L’ incapacité ou réticence de ces derniers à comprendre comment les Africains se représentent leur territoire et leur passé explique l’échec des interventions dans les pratiques d’utilisation des terres . L’opposition des Mpiemu à un projet de conservation environnemental contemporain - le Parc national Dzanga-Ndoki et la Réserve Spéciale Dzanga-Sangha - provient de leurs expériences passées face à des interventions environnementales imposées par des sociétés concessionnaires, des officiers coloniaux, d’autres Africains, des missionnaires Chrétiens et l’état post-colonial. En même temps, le peuple Mpiemu associe ces défenseurs de l’environnement contemporains aux patrons et missionnaires chrétiens du passé colonial, les voyant comme des sources d’emplois , de biens de consommation et d’autres aides. _
Denis SAUTIER (CIRAD) :Les enjeux des Indications Géographiques dans les pays en développement Démarches et expériences pour la valorisation des dimensions territoriales dans la qualité des produits

Résumé :

Dans une première partie, je rappellerai les conditions d’élaboration du débat sur les indications géographiques (IG) dans les instances internationales. L’accent sera posé sur la mise en évidence de points communs mais aussi de décalages de perspective, entre la vision européenne des IG et les visions qui sont en train d’émerger dans les pays en développement. Dans la deuxieme partie, le propos sera illustré par des cas étudiés dans le cadre du projet de recherche européen Siner-GI, qui traite des conditions de développement des indications géographiques au plan international, avec un accent sur les pays en développement. Les cas développés seront la tequila au Mexique, le café de Pico Duarte en Republique dominicaine, et le thé rouge rooibos en Afrique du Sud. En conclusion, je présenterai trois scénarios possibles d’évolution pour les indications géographiques dans le contexte plus général de la part croissante prise dans l’économie par les standards liés à la qualité. Eric Jolly :Alcools d’importation contre bière de mil : enjeux identitaires et socio-économiques (pays dogon, Mali)

Boisson « traditionnelle » et prestigieuse, produite localement à partir de la principale céréale cultivée, la bière de mil dogon est (ou était) un élément essentiel de la vie sociale, économique et religieuse des Dogon, jusqu’à ces dernières décennies. Dans la sphère commerciale, la vente de cette boisson est la plus importante source de revenus féminins et, côté masculin, un instrument incomparable de distraction ou de flirt. En outre, en raison de la mobilité des buveurs, les « dolotières » et les villages proposant la meilleure bière sont susceptibles d’acquérir une notoriété régionale. Dans un cadre cérémoniel et non plus marchand, la bière - par son procès de fabrication, ses dons en chaîne et ses libations successives - inscrit l’homme, les céréales, les localités et les rituels dans un système circulaire ou dans une chaîne de filiation, en construisant la fiction d’une reproduction cyclique de la société et d’une transmission verticale des savoirs. Toutefois, à l’inverse des masques par exemple, la bière ne semble guère concernée par les phénomènes actuels de patrimonialisation, en raison notamment de son rejet par une grande partie des jeunes et des musulmans au profit d’alcools d’importation. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le développement du commerce de bière, hors du cadre lignager, avait pourtant contribué à l’émancipation des jeunes et des femmes. Liée à l’essor du maraîchage, une telle évolution marquait déjà le passage d’une économie lignagère fondée sur la solidarité et la redistribution des excédents céréaliers vers une économie marchande privilégiant ou autorisant les revenus monétaires et le travail individuel. Mais aujourd’hui, l’adoption de boissons étrangères participe au processus de recomposition identitaire ; elle permet aux jeunes d’afficher leur ouverture au monde extérieur, leur liberté, leur soif de modernité et leurs nouvelles affiliations religieuses, alors que la bière de mil les inscrit dans la continuité des ancêtres et du passé. En outre, en maîtrisant tout à la fois le commerce, la circulation et la consommation de ces nouveaux alcools d’importation, les jeunes accroissent leur indépendance par rapport à leurs aînés sur un plan social, économique et religieux.

Marie Fleury (ethnobotaniste, MNHN : le "bagage" africain dans l’alimentation et la pharmacopée des Noirs marrons de Guyane française.

L’alimentation et la pharmacopée des Noirs marrons se caractérise par un certain nombre de plantes et/ou d’usages spécifiques d’origine africaine. Le statut particulier qui leur est assigné souligne l’importance de l’Afrique dans la mémoire collective de ces descendants d’esclaves rebelles qui aiment cultiver leurs racines.

Sophie Caillon (ATER MNHN - Département Hommes Natures Sociétés) : Des sentiers aux cocoteraies. Itinéraires d’un « arbre » singulier, le cocotier (Cocos nucifera L.)

Présent avant l’arrivée des premiers Hommes, le cocotier présente tous les attributs des objets socialement valorisés pour les habitants de Vanua Lava, une île du Vanuatu. Cette plante pérenne au statut « d’arbre » est utilisée dans l’alimentation quotidienne (eau, lait, chair) ou lors des cérémonies, dans les recettes médicinales et magiques (fruits, palmes, stipe, racines), comme matériel domestique ou de construction (palmes, bourre, stipe) et pour nourrir les cochons, si précieux au Vanuatu. Un mythe fondateur et des histoires coutumières lui sont toujours associés. Si le cocotier, objet social, est néanmoins perçu comme l’arbre « des Blancs », cela est principalement dû à son rapport au lieu. Il a en effet changé d’espace : autrefois cantonné le long des sentiers comme les autres arbres à fruits et à noix, il est depuis la colonisation cultivé en cocoteraie pour produire du coprah. Alors que le cocotier perdait son espace, les villageois étaient dépossédés de leur arbre et gagnaient un nouvel espace, la cocoteraie qui apparaît comme un espace différencié, « de Blancs » desquels on a hérité les pratiques et le matériel biologique. Sa nouvelle fonction économique est perçue comme une contrainte qui ne peut être évitée, le coprah étant leur unique source de revenu. La cocoteraie est aussi un espace « gourmand » empiétant sur celui de la forêt où vivent les esprits et celui des jardins où se nourrissent les vivants. Au Vanuatu, le sol appartient à des lignages et non à des individus, à l’inverse de ce qui est planté. Ainsi, la longévité (80 ans) et la multiplication des cocotiers (de 10 avant la colonisation à près de 400 arbres aujourd’hui par famille) sont des éléments stratégiques utilisés par les Ni-Vanuatu pour « capturer » définitivement l’espace au sein de leur « famille » sur plusieurs générations. Les nouvelles règles de circulation des semences et de transmission du foncier que ce changement d’espace a imposé, ont également modifié l’organisation de la diversité biologique des cocotiers du village : des planteurs socialement proches ont des cocotiers morphologiquement similaires. En effet, les échanges de semences et les flux de pollen dépendent principalement des liens de filiation entre planteurs et de la disposition dans l’espace des plantations. On pourrait ainsi conclure que tant la distance géographique entre des parcelles que la distance sociale entre des propriétaires déterminent la diversité. Or à Vanua Lava, les distances géographiques sont aussi des distances sociales ; les concepts de « personne » et d’« espace » ne peuvent être pensés séparément.

Paul Richards (Professor of Technology & Agrarian Development in Wageningen University, The Netehrlands, and (Honorary) Professor of Anthropology in University College London, UK) Thinking about and working with African Rice

African Rice - Oryza glaberrima - was domesticated in the West African region, perhaps about 3000 years ago. It continues in cultivation today. But the information we have about domestication and distribution is patchy and contradictory. The plant species has sprung to some prominence in recent years as a source of genetic constructs used to improve Asian Rice better adapted to African farming conditions. The (so-called) nerica rices won the world food prize for a Sierra Leonean breeder (Monty Jones) in 2004. But how should African Rice be assessed in terms of its genetic potential, and how should it be conserved ? The paper will argue the need for a broader framework for thinking about African Rice than provided by current functional genomics. More attention needs to be paid to history, cultivation environment, and patterns of human usage. In regard to musical creativity, the composer Michael Finnissy argues for the importance of the notion of re-composition. Where plant breeders currently approach the use of African Rice as an opportunity for composition I will argue (by analogy) it should be managed from the perspective of re-composition.

Résumé des intervention 2007-2008

Tatiana Fougal (ethnologue, USM 105, département « Hommes, natures et sociétés », MNHN, chargée des collections d’Afrique du Nord (Musée de l’Homme) : La production vannière dans le Sahara

Résumé :

Avant l’avènement des situations contemporaines, coloniales et post-coloniales, la production vannière dans le Sahara était assurée principalement par les cultivateurs des oasis et les femmes de leurs familles. La matière première qu’ils avaient à leur disposition, tirée du palmier dattier, leur permettait de tresser un nombre considérable d’objets indispensables au travail agricole et à la vie quotidienne. L’activité vannière s’exerçait selon trois modes de production : domestique, semi-artisanal et artisanal. Le premier était dominant, le second occasionnel et le troisième exceptionnel. Les transformations socio-économiques que vivent aujourd’hui les sociétés sahariennes, bousculent les fonctionnements « traditionnels » et complexifient les modes socio-économiques de l’exercice de l’activité vannière, tant sur plan de ses acteurs que sur le plan des conditions de leur travail. Même si les trois modes de production existent encore aujourd’hui, le rapport est désormais différent : les productions semi-artisanale et artisanale dominent, alors que la production strictement domestique est devenue bien moins importante.

Damien Davy (Docteur en ethnologie et ethnobotanique, IRD d’Orléans) : Artisanat de vannerie : Ressources, acteurs et modes de production. Cas de la Guyane française. Résumé :

La Guyane française, département outre-marin, connaît toujours des populations tirant une part majeure de leurs ressources dans leur environnement. C’est particulièrement le cas des six ethnies amérindiennes pratiquant encore activement la vannerie, alors que celle des Créoles et des Noirs Marrons aluku est en perte de vitesse. Un nombre important d’espèces végétales (117) participent de la confection d’un large éventail de forme de vannerie (211). Cette activité demeure largement liée au procès de transformation du tubercule de manioc amer, comme nous l’expliciterons. Nous montrerons également le profond ancrage, tant social que culturel, de la vannerie chez ces groupes amérindiens ; activité masculine source de lien social, marqueur identitaire, véhicule de la pensée mythique mais également source d’un savoir naturaliste et technique d’une grande finesse. Cependant, ces sociétés changent et cette activité domestique évolue de plus en plus vers un semi-artisanat commercial. Sa pratique sociale se transforme et la transmission des savoirs se trouve perturbée par divers facteurs. Ainsi, après avoir montré l’implication de la vannerie dans les cultures Amérindiennes, nous discuterons de la place de ces savoirs locaux dans la société guyanaise contemporaine.

Sophie MOREAU (géographe, Univ. Marne-la-Vallée) : Des nouveaux usages du café à Madagascar, ou, « Le kafe, après la fin du café »

Résumé :

Madagascar a connu au cours des 15 dernières années un déclin prononcé de la production et des exportations de café. Ce déclin est sensible dans l’économie paysanne, où le café ne représente plus qu’une source de revenus marginale dans les régions productrices, et dans les systèmes agraires où certaines plantations ont été défrichées et converties en terres rizicoles. Toutefois, la production caféière résiste : le déclin vient buter sur le plancher de la consommation nationale de café. L’importance de la consommation nationale représente une situation originale par rapport aux autres producteurs africains, Ethiopie mise à part. Comment expliquer alors que les Malgaches soient devenus en près d’un siècle de gros consommateurs de « kafe » ? Quelle est la place du café dans la société et la culture rurale et citadine ? Comment s’organise le marché intérieur du café ? Comment la caféiculture paysanne s’adapte- t-elle à ce nouveau contexte ? La résistance du café « paysan », la qualité de certaines variétés d’Arabica, et l’existence de caféiers sauvages locaux incitent d’autre part des sociétés agro-alimentaires nationales et internationales à développer des cafés gourmet destinés à l’exportation. Sont donc en train d’apparaître deux caféicultures, et deux systèmes de commercialisation, un de luxe pour l’exportation, un autre tourné vers le marché intérieur.

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